Paris-Brest-Paris : Premiers Brevets Qualificatifs en Haute Normandie - Le récit de Patrick

Les Premiers tours de roues vers la qualification du P.B.P

0007C’est avec toujours le même plaisir qu’en arrivant au local du RAC ce dimanche 29 mars,  je m’aperçois qu’il y a une belle mobilisation de cyclotouristes, et ce malgré un temps qui ne semble pas des plus favorables. Tous motivés, pas besoin de nous tirer du lit, pourtant un jour ou nombre de personnes sont encore dans les bras de Morphée : il est 6h30 et déjà une soixantaine de randonneurs s’élancent dans les rues de notre Ville aux Cent Clochers, Rouen notre capitale bien à Nous et tellement aimée.
Une pluie fine nous accompagne dès le début de notre 200 km  et un vent soutenu nous fait face, il semble vouloir nous souffler dans les narines, la respiration est parfois difficile, mais nous en avons toutes et tous vus d’autres. Après tout cela fait parti aussi du chalenge !!!

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Image conference sport santeLa Cote de Canteleu : nous décidons de la grimper en douceur, c’est parfait pour un échauffement musculaire- Mentalement je note que c’est avec beaucoup de plaisir également que dès le 18 avril les intervenants à la conférence «  sport et santé » nous parlerons de l’échauffement puis des conduites à suivre lorsque l’on se lance dans ce genre de brevet. Il ne faut rien laisser au hasard. Le hasard comme on dit fait soit bien les choses,  soit nous est contraire. Une pensée pour moi qui lors d’un 600 avait eu la chance de ne pas descendre une pente abrupte alors que mes freins venaient de lâcher. Un simple réglage pour un connaisseur mais pour moi cela signifiait «  catastrophe » si je n’avais pu compter sur un nouvel ami, qui depuis compte beaucoup pour moi, il se reconnaitra, je le sais très discret, je ne voudrais pas le mettre mal à l’aise.
Je lui dois cependant énormément….. La suite aurait pu être une fin.  Passons, cela semble bien être du passé mais néanmoins je me demande dans l’instant si je n’ais pas mis toutes mes forces et ma conviction sans faille dans la préparation de la prochaine conférence parce que moi-même je suis sensibilisé à ce qui peut nous arriver et que l’on pense toujours «  ça n’arrive qu’aux autres » - il plane toujours un mystère sur cette histoire de freins…
J’ai cependant quelques réponses.

Les plus «  forts «  prennent leurs envols – chacun son rythme – chacun sa manière de rouler, les muscles sont sollicités. Il faut savoir doser son propre effort, être à l’écoute de son corps. Un arrêt éclair à Yvetot, juste le temps de pointer, (nous ne jouons pas à un jeu de boules) – c’est sur nos petits carnets jaunes que nous faisons apposer l’heure de notre passage dans une boulangerie, désormais vous connaissez ma gourmandise devenue légendaire, un délice de s’y restaurer. La bouche pleine je remercie. C’est loin d’être glamour, mais le plaisir des viennoiseries c’est tout de même une petite priorité avant de remonter sur nos vélos qui s’ils étaient des chevaux piétineraient d’impatience.
La pluie s’intensifie, pendant que l’odeur des pains aux chocolats, croissants, pains tout juste sortis du fournil ne deviennent en un instant qu’un vague souvenir. La pluie ça vous transperce, ça brouille la vue, il faut redoubler de prudence. La chaussée peut être glissante, et comme en voiture l’aquaplaning croyez moi ça existe, pour preuve même des athlètes confirmés comme ceux du tour de France se retrouvent vite à terre. Une nouvelle pensée pour cette année 2015, un rendez vous qui se présente comme celui d’un moment promesse d’intenses sensations : le Paris Brest Paris…….
Dans la vallée de la Durdent, nous sommes bien protégés du vent provenant d’Ouest – sud – Ouest- je n’ais pas de boussole, mais on fini même par devenir des marins de la route.
La vallée de Valmont si belle par un temps ensoleillé, ce jour là il faut l’imaginer,  sous un temps moins clément, mais la vue n’est en pas moins belle, aperçue entre deux gouttes qui perlent sur nos fronts, l’amour de la nature, des beaux paysages, quelque soit le temps, c’est toujours un délicieux moment.

A l’entrée de Fécamp, ville au combien balnéaire, avec sa plage, son port, son phare,  mais là n’est pas notre destination, pas le temps de se poser comme par le passé sur le ponton pour boire une bière, puis une seconde, entre potes, non là c’est un arrêt station service, moins bucolique, mais on peut y faire le plein d’énergie et je doute que j’aurais gouter autant de plaisir qu’autrefois à cet arrêt «  bières bien méritées « avec un temps pareil. Cette restauration rapide va nous servir. Il faut bien se nourrir, ça aussi c’est important.
Sortir de Fécamp, ce n’est pas difficile, la ville, n’est pas si grande m’avait on dit- par rapport à mon petit village, je pense que tout est relatif. Il doit y faire bon vivre. Nous prenons d’assaut la montée qui nous semble interminable, nous ne montrons pourtant pas de signes de fatigue, l’entrainement régulier, ça paie c’est évident !

0023La pluie comme une douce amie nous offre enfin un moment de répit. ! Le vent se déchaine, pense t-il ainsi nous sécher en un instant de la tête au pied, en attendant que la pluie nous redonne un tour de rinçage, les Dieux auraient ils penser à s’amuser en nous mettant en position de  linges «  machines à laver »Le vent ressemble à un fauve échappé, de toutes ses forces retrouvées et si longtemps réprimés,  il nous pousse de travers, nous résistons tant bien que mal, il faut rester groupés. Pas question que l’un d’entre nous ne se retrouve en difficulté. Ça pique le vent dans le nez, ça peut parfois déstabiliser….Quelle galère ! Je peste intérieurement !
Sur cette portion de 25 km ou nous jouons à merveille les équilibristes, à la limite du raisonnable, je m’étonne toujours de la puissance de la nature humaine bien qu’au fond de moi, je sais que Dame Nature ne nous laisse gagner que par bonté.
On ne lutte jamais contre les éléments bien longtemps.
Le groupe est solidaire, nous avons toutes et tous mentalement déroulés notre plan «  sécurité » et nous l’appliquons du mieux que nous pouvons. Sans rien lâcher !!!!

Changement de Cap, Barre à l’Est ! Petite note de la mythologie, que nous avons toutes et tous appréciés, j’en reste persuadé, Éole qui a reçut de Zeus la garde des vents décide de nous aider !!!
Un pur bonheur ! Enfin presque….rien n’est jamais acquis que ce soit sur la route, ou dans la vie, Zeus, Maitre de l’Univers, et du Ciel ne l’entendait pas ainsi, et décida de nous envoyer pour avertissement une pluie abondante. Petits humains restez vigilants jusqu’à la fin.
Nous filons désormais à pleine vitesse et sans le moindre effort vers Lillebonne ou nous décidons d’un commun accord d’aller nous attabler dans un bar pour nous restaurer : ventre affamé n’a point d’oreille et encore moins de jambes !!!! Dans nos sacoches de vrais trésors, c’est fou ce que l’on peut passer d’un simple «  repas préparé pour le brevet «  à un festin de roi quand la faim se fait sentir.
0034Et pour couronner le tout une bonne pinte de bière ! On ne change pas un plaisir qui nous appartient à chaque sortie «  festive » car c’est une fête aussi de se retrouver entre cyclotouristes, de partager nos expériences, des moments d’efforts, et bien sur de réconforts. La convivialité. L’amitié cyclo c’est ça aussi.
Reprise difficile, les muscles se sont refroidis, et l’ambiance avenante de notre bar et la chaleur bienfaisante, nous aurait presque donné l’envie de nous y attarder, mais le sport avant tout !! go go go ! Nous sommes transit de froid à nouveau !
Une belle grimpette ça va nous réchauffer ! Hauts les cœurs !
Toujours vent portant, nous plongeons littéralement dans la descente de Barentin, pas le temps de nous parler des anciennes confections qui ont fermé et qui faisaient la fierté de la vallée, il nous faut trouver un nouveau bar, (une habitude de relais ???)
Il ne faut pas juger trop vite. C’est là que nous faisons aussi de très belles rencontres, et que nous pouvons échanger en toute sérénité, à l’abri des éléments, une bonne odeur de chocolat chaud rempli en un instant nos narines, comment se passer d’un tel plaisir ? D’autres optent pour le café fumant et réconfortant. Le cafetier bienveillant, nous regarde avec admiration et beaucoup de compassion. Pour lui c’est une envie de nous accompagner – j’en suis certain qui le titille le temps de notre pause.Fresquiennes : tiens il y a du dégât sur la route ! Un câble électrique tel un serpent venimeux – monstrueux- constrictor, un boa certainement, prend vie sous nos yeux effarés. Il semble prêt à mordre le bitume et à y injecter son venin. 
Nous tenons nos pneus bien à l’écart ! Sécurité oblige, il n’est pas question qu’il nous morde les mollets voir plus, l’agent de service nous l’a indiqué : pas d’imprudence surtout. Prudence !!!

Changement de cap, on tourne le navire, je veux dire, on change de cap et nous nous dirigeons vers l’église de Fontaine le Bourg. La barre à droite toute !!!!!!!!!!! J’entends un cri virtuel «  bien mon commandant « !!!!!!!!!! La barre à droite. Quelle belle équipée.
Attention préparez vous : l’ascension devant nous nous parait dantesque ! il faut passer de la Grande Couronne à la petite Couronne et mettre au moins 3 dents de moins (pas les nôtres – on préfère hein ? !)
Nos bicyclettes tiennent le coup ! Formidable ! Elles peinent à tenir l’équilibre et nous perchés dessus avec. Un combat inégal et pourtant nous sentons que nous résisterons, unis, du début à la fin. Il n’y a pas de raison !!!
Nous grignotons cette pente chichement, comme nous l’aurions fait d’une belle part de tarte normande à peine sortie du four, en verrons nous le bout ? Oui c’est sur nos appétits de sportifs n’ont pas de limite, tant est que nos vies ne soient jamais en danger.
Nous nous accorderons un ultime repos (pas celui qui nous conduirait ensuite six pieds sous terre !!!! quelle idée) mais un repos gourmant : il ne faudrait quand même pas se priver de bonnes choses !!!!!!!!! La boulangerie d’Isneauville nous attend !!
Toutes voiles dehors nous nous motivons mentalement, là c’est du gâteau évidemment !
Les derniers kilomètres deviennent pénibles avec toute cette pluie qui nous détrempe des pieds à la tête et qui dégoulinent toujours le long de nos visages burinés par le froid et fatigués par l’exploit.

0037Nous stoppons nos machines devant la permanence à l’arrivée !!!! Je regarde l’heure par reflexe, j’aime connaitre comme tous mes amis de route, je le vois bien, l’heure exacte à laquelle nous sommes de retour ! Épuisés mais heureux !

Il est 17 heures, j’ai envie de chanter il est 5 heures paris…. S’éveille, ça trotte dans ma tête, et depuis apparemment ça ne me quitte pas
Tic tac : Paris ………….Brest …………pari

Merci à Christine, Philippe, Bruno de l’ACP, Marcel, Didier…. Pour votre aide

Patrick, le Cyclo-rêveur

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