PARIS-BREST-PARIS : Le Récit de Patrick

Une belle part du Paris-Brest… Pari(s)

Le Paris Brest Paris, un rêve ! Depuis le temps que je l’attendais celui là ! je ne voulais pas me priver de tous les plaisirs qu’il pourrait m’occasionner. Cette année contrairement à ma première participation, j’avais décidé dans un élan du cœur, de rouler pour la fondation DigestScience- rapidement pour vous en touchez deux mots ( je vous incite néanmoins à vous rendre sur le site pour comprendre les objectifs de cette fondation) – je vous dirais que j’ai eu à cœur de mettre à mon nom leur message : Les objectifs de cette Team ( équipe ) dépassent de loin les frontières du sport :
- Mieux faire connaître et reconnaitre ces maladies peu (voire pas) médiatiques  et qui touchent près 1 Français sur 5 dont beaucoup de jeunes
- Récolter des fonds pour la recherche
- Inciter les malades à dépasser leurs angoisses, renouer des liens sociaux, faire ou refaire du sport quel que soit leur niveau – le message qui ma fait m’inscrire «  mouiller le maillot pour la fondation, mettre à son service jambes et moral en portant le maillot qui permettait de la faire «  connaitre «  puisque dit on personne ne peut tout savoir, autant véhiculer le message.

La veille du Paris Brest Paris, mauvaise surprise néanmoins, vol de ma voiture, de ma sacoche prête pour le départ, d’un VTT et de mon portable- la voiture volée on ne pourrait pas dormir sur Place alors que tout était prévu, bien ficelé – et comble de désolation, j’avais acheté un nouveau portable qui devait me permettre d’envoyer des photos en temps réel et des messages pour le suivi du parcours. Comme quoi dans la vie – finalement- il ne faut jamais vraiment croire que tout est acquis- que tout est bien posé- et que le destin nous réserve – comme dans un amusement certain- bien des surprises, mauvaises comme bonnes. Pour le fait –là en l’occurrence c’était une très mauvaise surprise

Voir des photos : ici

Qu’à cela ne tienne- je quémandais une faveur à la femme de mon compagnon de route habituel – Bruno- le prêt de son portable – qui je le sais à présent lui a cruellement manqué – désolé Anne, je n’ais pas mesuré le sacrifice que cela pouvait te demander – tu penses bien que sinon je ne te l’aurais pas demandé- il faut dire que mes pensées n’étaient pas vraiment au beau fixe – et que tout me semblait comme dans une brume à travers laquelle je distinguais quelques éléments, mais je n’étais plus acteur, mais bien dans un état second. Nous sommes le samedi 15 Aout, c’est un jour férié- rien d’ouvert peut être, enfin rien qui à la minute ne peut me permettre de parer en faisant quelques emplettes au manque dû au cambriolage- Comble de Malchance également, le moral n’est pas au top du coté de Bruno- non plus- il a vraiment mal au dos, et ne sait pas s’il pourra faire le Paris Brest Paris- c’est dire dans quel état d’esprit, nous partons – conduits par Anne vers le point de ralliement des cyclo : ST QUENTIN EN YVELINES-

Néanmoins, je me devais, de respecter mes engagements. Stéphanie de la Fondation avait œuvré pour que j’ai – à temps ma tenue de départ- je roulerais pour la fondation, et sans me mettre plus de stress, bien qu’épuisé par cette fatigue malsaine qui nous ôte parfois toute énergie, à la suite d’un traumatisme que l’on a tort de sous estimé ( les voleurs se sont quand même introduits dans ma propriété ) – je décidais donc de m’élancer sans savoir si je pourrais le terminer : Mon Fameux Paris Brest Paris ! Plus certain de rien, le Cyclo rêveur était bel et bien en pleine déroute, et l’on sait combien le mental est important dans notre belle discipline. Le sport est une passion. Il faut pourtant que tous les éléments soient pris en compte- rien ne se fait à la légère et j’avais beaucoup appris lors de la conférence qui s’était tenue au sein du Conseil Départemental de la Seine Maritime et dont je joins ici les principales plaquettes, afin d’en faire profiter toutes les personnes qui souhaiteraient pouvoir avoir toutes les données que l’on peut avoir besoin de connaitre pour le sport de longue distance et pour les préparatifs à celles-ci – ça vaut aussi pour les petites randonnées- toute information peut servir sans que l’on en soit conscient ( e ) sur le moment……

Voilà donc que nous étions inscrits – pour un départ qui me ferait prendre une demi heure d’avance sur mon camarade Bruno, qui, nous le savons bien roule bien plus vite que moi et à l’effort plus aisé- il partirait une demi – heure après et aurait tôt fait de me rattraper. Une petite phrase de sa part m’était restée ancrée «  Patrick c’est pour toi que je le fais ce Paris Brest Paris » - il voulait assurément en me permettant de «  bien rouler » m’aider à gagner mon pari- à réussir mon objectif- c’est important dans notre monde de cyclo d’être bien accompagné, de pouvoir compter sur ses amis de route, ses co-équipiers, tout autant qu’il est important à certains moments de faire preuve de beaucoup d’autonomie, d’esprit d’initiative pour trouver un endroit ou dormir, par exemple, ou pour changer sa roue, sans être en état de stress. Tout est une question d’habitude, ça ne s’acquiert pas forcément rapidement, ça se fait gentiment au fil du temps.

La veille – Bruno avait pris sa voiture, enfin celle de son épouse aussi- merci Anne- !  évidement je ne savais pas où pouvait se trouver la mienne, et il fallait vite faire une croix dessus, j’apprendrais à mon retour, qu’un jeune de 17 ans s’était encastré dans d’autres voitures – que de la «  taule «  je vous rassure- je parle de la carrosserie des voitures et non pas de la sanction qui pourrait attendre ce jeune multirécidiviste – m’a-t-on appris et qui avait décidé de se faire plaisir avec 4 ou 5 amis- bon il faut croire que le repas dans la sacoche était aussi à leur gout !!!!! bref nous étions partis pour faire un allée retour, annulant notre réservation à l’hôtel, et nous avions quand même le cœur déjà battant la chamade à l’idée de retrouver « de nombreux amis »  venus s’inscrire et repérer le point de départ- c’est aussi une occasion de faire des rencontres, forts sympathiques, et c’est vrai que de ce fait de la voiture vous n’allez plus entendre parler : oublier – comme me l’avait conseillé mon ami Jacques du VCFC- oublier pour mieux rouler- c’était un conseil et un vœux bien avisés- tout semblait déjà si lointain, mes jambes en voulaient – il n’aurait pas fallu me pousser de beaucoup pour que je parte de suite faire mon Paris Brest Paris – go go go ……….euh ! non encore une nuit qui s’avérera  fort courte et pour une fois je vais dire que c’était tout à fait ce qu’il me fallait- j’avais beaucoup à évacuer, j’avais beaucoup à donner, je pensais à la fondation, je pensais à tous les préparatifs des mois précédents, ce n’était pas vraiment le moment de se dire «  je suis tout mou moi maintenant » - comme un beau diable sorti de sa boite, je bondissais littéralement sur place- et pour celles et ceux qui me connaissent- c’est assez difficile de me contenir quand je suis dans cet état d’excitation. Et l’excitation allait crescendo lorsque nous étions au vélodrome de st Quentin en Yvelines : des cyclos partout, tous joyeux et prêts à en découdre – le dimanche 16 aout était le moment clef de l’année !!!!

Alain contrôleur bénévole parmi tous ses compères – bénévoles également- avait repéré de son regard vif et bienveillant ma célèbre randonneuse- finalement je préférais (j’allais dire que l’on me vole …….n’en parlons plus ) – ma randonneuse…..une vraie passion vintage et ça – ça alimentait bien nos conversations à Alain et moi !!!!

Ça m’éloignait encore des pensées négatives, tout me semblait «  être autrement » - tout me semblait magnifié comme dans les meilleurs moments de la vie !!!!!!!!! je n’avais pas assez de mes yeux pour pouvoir contenir en un seul regard toute cette foule qui attendait aussi son heure de départ.

Néanmoins mes yeux se sont posés un instant – un peu plus quand même – puisqu’une discussion  alliant le français et l’anglais – dans une sorte de dialecte que nous deux semblions comprendre- je rencontrais donc les yeux de NICKY et comme me le signala Bruno était une jeune athlète d’une belle prestance et qui ne laissait personne indifférent alentour, femme comme homme- et son sourire et sa gentillesse créaient un lien immédiat, sans arrière pensée – cependant nous ne nous décidions pas à nous séparés de suite et étions ravis de nous retrouver plus tard : avec un dossard commençant par J – nous partirions ensemble à 18 heures !!!!!!!!!! Heureux veinard le cyclo rêveur- en tout bien tout honneur – cela va s’en dire. On peut bien essayer de pavoiser dans la langue de Shakespeare quand on ne la  maitrise pas il faut faire un peu comme nos amis les Italiens et parler avec forces de gestes ; mais sur le vélo – croyez moi c’est super risqué ce genre de figures là !!!!!!!!!!!!!

1230 km à parcourir avec le maillot de la fondation Digest Science qui finance les recherches sur les maladies digestives, c’est qu’il faut que je me concentre !!!! Pour mon départ, et pour rassurer tout le monde j’ai pu trouver une solution de remplacement pour ma sacoche «  de guidon  fétiche » - prévoyant ou un brin d’humeur ce jour là à une tendance dispendieuse j’en avais acheté une autre, une de réserve, comme quoi- franchement c’était un coup de bol. Les Batteries de rechange par contre étaient dans l’autre sacoche, celle qui faisait le plaisir de mes cambrioleurs, bien que je me demande franchement ce qu’ils auraient pu en faire, mais allez donc savoir ?!!!!!

Pour la petite anecdote : voilà comment se passe la préparation, les plaques de cadres sont installées et la puce électronique ( un comble là quand même – je plaisante mais c’est moi qui porterait le bracelet électronique ) fixée à la cheville gauche. Bruno avant le départ se repose dans l’herbe- Moi c’est quasiment une pile Wonder qu’on a du me fixer discrètement dans le dos, je fonce littéralement voir qui je peux rencontrer au vélodrome et je croise mon amie Monique Loride, ce qui me ravi et pour celles et ceux, mais je doute que ça ne soit le cas , qui ne connaitraient pas Monique je vous renvois aux plaquettes et à aux récits passionnants de ses nombreux Paris Brest Paris et de l’histoire qui me fait souvent rêver «  celle du tandem » - je garde du suspens- c’est son histoire, et c’est elle qui la raconte tellement bien…..Monique est responsable du bon déroulement du Paris Brest Paris, et malgré ma tendance – naturelle- à ne pas savoir finir en un temps correct, une discussion, je dois bien avouer que là il m’a fallut faire un effort pour la laisser tout superviser. Monique et ses 8 Paris Brest Paris…….et qui prolonge avec beaucoup de cœur son amour pour ce dernier en devenant une bénévole hors paire……

Revenons au moment ou je vais devoir prendre – non ou je vais avoir le grand- l’immense plaisir de partir car le tic tac tic tac, se fait entendre dans ma tête. Il est temps d’envoyer un petit message à Jacques, il sera du même gout. Manque d’inspiration, survoltage intérieur certainement-

J’ai croisé les quatre mousquetaires, lors du repérage avant les départs prévus – nous les nommons ainsi ce sont nos amis du VCFC qui ne déméritent pas et qui avaient dans les yeux autant de flammes que nous autres, tous les cyclos présents et certainement des fourmis dans les jambes tant l’idée d’en faire partie et de réussir ce beau chalenge les emmenaient vers un autre périple qu’ils se faisaient- à juste titre – vu leurs capacités physiques et mentales- le devoir de réussir- Bien entrainés et surtout très bien  motivés par un soutient sans faille du club de Fécamp, il n’était aucunement possible de douter, que la réussite et le bonheur infini ne serait pas au rendez vous pour le plus grand bonheur de toutes et tous ! A l’arrivée, c’était évident que la fête serait magnifique, le club de mon Ami Jacques est tellement prévenant pour le bien être de ses adhérents que c’est avec une joie non dissimulée que Stéphane et moi avions été nommés pour le suivi de notre périple sur le site, et je ne m’étais pas privé pour faire remonter l’information. Une telle gentillesse, c’est un bonheur qu’il ne faut pas bouder – Oh je me rends compte que par habitude j’ai oublié de nommés les valeureux représentants du VCFC , nous avons donc- honneur aux dames , Sylvie  , ensuite le doyen – ( et pourtant bien vert et en forme physique épatante ) Armand, Jean- Claude et Thomas et comme indiqué précédemment hormis votre serviteur, le petit frère de Sylvie Stéphane qui comme moi serait nommé comme « assimilé » au Club, un grand honneur !!!! Merci !!!

18 heures – la «  Meute «  de randonneurs au long cours s’élance ! un tel rassemblement est extraordinaire, ça vous remue le tout à l’intérieur, et le cœur s’emballe de joie, on se demande si le tic tac tic tac s’entend de l’extérieur ou si les battements du cœur, font une musique de «  fanfare «  tant le bien être est intense- superbe montée d’adrénaline que j’ai du mal à contenir, parce que je dois rouler prudemment, et donc ne pas me laisser emporter par les rêveries – ce n’est guère le moment- je me fais doubler par la gauche- par la droite- bon ben il me reste que je suis devant certains cyclo et derrière d’autres, de ce coté là normalement ça ne craint pas…….je pense déjà au fait que lorsque je vois un rond point je dois éviter la chute……

Les conditions climatiques sont idéales !!! Temps ensoleillé et j’ai dans les narines avant même d’arriver sur Brest une petite brise qui me fait penser au bord de mer, qui m’est si cher.

Peu à peu la luminosité se fait moindre mais je retrouve sans souci Nycky dans ce long défilé de cyclistes, et nous nous souhaitons mutuellement bonne chance en espérant que nos routes se croiseront encore à plusieurs reprises et qu’à l’arrivée nous auront l’occasion de discuter à nouveau- c’est Bruno qui en serait tout autant ravi- c’est une belle rencontre et je ne parle pas ici de la plastique irréprochable de Nycky – je parle bien de sa gentillesse comme j’ai aimé à le souligner au début de notre rencontre. D’ailleurs j’avoue que si Bruno ne m’en avait pas fait «  l’article » je n’aurais même pas pensé à ce moment là  à vous l’indiquer bien qu’elle le mérite grandement, mais j’étais encore ailleurs, ceci étant visiblement sur la deuxième rencontre, mes yeux se sont ouverts, avec toujours autant de bienveillance et de bienséance. Ce n’est pas parce que l’on est courtois que germe en nous des idées de goujats !!!!

La nuit arrive et je vois les dossards K et L arrivés vers moi – ils peuvent désormais se fondre comme bien d’autres dans la masse de cyclos que nous formons désormais. Entre temps j’ai pu voir un tandem du Couple américain, qui après avoir cassés plusieurs rayons avaient pu compter sur le motard de l’ANEC chargé de procurer sécurité aux cyclos et leur permettre, comme c’était le cas sous mes yeux d’obtenir des rayons de remplacement, rappelons à l’occasion que ce sont les bénévoles qui permettent ainsi au Paris Brest Paris d’exister.

Mon compteur affiche une vitesse moyenne de 27km/ heure et c’est avec amusement que je me souviens d’une anecdote. Un ami qui possède une petite voiture sans permis était ravi de voir sur son cadran «  80km/heure !!!! » -fier comme harpagon il se faisait une joie de mentionner cet état de fait à sa famille qui l’attendait pour le repas dominical, sa joie fut de courte durée quand sa compagne lui indiqua, que le régulateur de vitesse indiquait qu’il roulait à 40km heure, soit donc la moitié de la vitesse que sa vieille «  petite tototte indiquait «  comme pour lui faire penser qu’il roulait à belle allure….bref était ce mon cas ??? ou les autres avaient ils manger du tigre ????

Peu avant Minuit j’entre – nous entrons – il ne faut pas oublier qu’à aucun moment nous ne sommes seuls au Paris Brest Paris, ce n’est pas possible évidemment- c’est ça qui est bon. Je rencontre des Japonais, des Grecques, on aperçoit sur les routes la joie dans les yeux des personnes qui sur le bas coté nous laisse passer, sans oublier de nous tendre de l’eau, des aliments qui peuvent nous donner un petit coup de fouet. C’est tellement magnifique que toute peine peut s’envoler- que tout encore une fois semble irréel et plein d’une chaleur humaine que l’on ne retrouve pas et c’est dommage au quotidien, mais les soucis ça en fout un coup au moral- alors de ce Paris Brest Paris il ne resterait virtuellement plus une seule miette- je le dévorerais tout entier, comme tout le groupe de participants….. !!!!

Il y a des difficultés au Paris Brest Paris, bien sur ! on  ne va pas se dire que c’est une promenade dominicale sur terrain plat car je connais quelques promenades qui bien qu’en dehors des circuits et en mode « touristes «  si l’on peut dire ainsi sans avoir l’air condescendant s’avèrent quand même ardues, et il faut être au mieux de sa forme pour parcourir aussi ces kilomètres là …….

Montagne en Perche, c’est donc là que nous avions décidé Bruno et moi de nous retrouver, au premier ravitaillement- Gourmand invétéré comme tout le monde le sait- il m’était bien aise d’arriver un peu en avance afin de profiter pleinement des buffets. Je m’inquiète néanmoins parce que le mal de dos de Bruno me fait un peu peur. Je sais qu’il fait l’effort pour moi et je ne voudrais pas qu’il force trop, mais je suis vite rassuré, il est là très rapidement, solide comme un roc, et entre deux bouchées ( quelle élégance !) je lui fais mon plus beau sourire ! il doit penser que la nourriture est à mon gout avant de penser que c’est de soulagement et de joie que je le retrouve, mon compère de randonnée- une pensée bien sur à mon autre compère habituel qui roule de son coté parce qu’il accompagne aussi un groupe «  Jean Jacques – Capitaine au long court – « 

Nous repartons donc ensemble à 1h30 du matin, par une nuit douce qui me bercerait bien. Je n’ais pas le temps de rêvasser plus avant puisque nous dévalons allègrement la colline de la montagne Perchée.

Toujours autant d’animation à la première ville de contrôle, vilaine la Juelle et j’apprends par texto que ça beugue pour nous suivre par internet – Damned  !!!!!!!!!! j’ai pas fini d’en avoir des texto pour me demander «  mais t’es ou ???? » parce que j’avais eu la bonne idée de demander à ma complice de sorties de me suivre et de suivre plusieurs de mes amis pour que je puisse être rassuré en roulant……

Le nombre de texto que j’allais à l’arrivée – oublier d’effacer pour le fait – de la lecture Anne qui m’avait prêté le portable en aurait !!!!!!!!!!!!! On ne peut vraiment jamais s’assurer que tout se passera comme nous l’avions dans nos pensées prévu !!!!!!!!!

Petit déjeuner copieux, et encore une fois, je ne boude jamais le plaisir des pauses casse croute – il faut croire que si je m’adonne au vélo c’est peut être pour engloutir une telle quantité de douceurs de vivre : viennoiseries, plats traditionnels arrosés d’une bière ( à consommer avec modération et seulement si vous avez plus de 18 ans- regardez moi le père la morale qui vient un peu titiller tout le monde !!!!!!)- bref là c’était le petit déjeuner- Bruno est inquiet – son dos n’est plus son seul problème – il y a son genoux qui commence à lui demander de ralentir- la forme physique c’est important, mais il a un moral d’acier et il sait qu’à l’arrivée femme et fille l’attendront- il ne se laissera pas atténué dans son parcours, dans ce Paris Brest Paris.

Au petit jour nous roulons avec une personne qui a une prothèse et qui après un an d’apprentissage pour maitriser son nouveau corps et cette discipline nous montre que tout le monde peut tenter de se lancer. J’éprouve pour lui une très forte admiration, je repense à la fondation. Je sais maintenant que je n’abandonnerais pas- j’apprends que des photos sont à disposition et qu’on y voit bien le maillot de la fondation, j’en éprouve une joie qui me porte aux bords des larmes. Je voulais faire quelque chose qui correspondent à mon état d’esprit si longtemps refoulé, et voilà que je roulais pour la fondation…..en toute humilité bien sur.  Et c’est là qu’il faut comprendre pourquoi mon récit ne sera pas fait étape par étape – que je ne donnerais pas non plus le nombre de kilomètre heure parcouru et qui varie en fonction de l’endroit ou l’on se trouve- de la fatigue- ou de la nuit que l’on a pu passer- parce que la finalité c’est de le terminer ce Paris Brest Paris, et que je ne suis pas là pour jouer les compétiteurs, et je doute que ce soit le but des autres cyclo, on est toutes et tous là pour nous faire plaisir. Le plaisir voilà ce que c’est que de faire le Paris Brest Paris.

Nous retrouvons Armand à Fougères, en forme- et nous sommes heureux de rouler un peu avec lui ! C’est que notre Armand a ses 80 ans !!!! Et qu’il est au top niveau ! Le VCFC peut vraiment être fier de ses adhérents,- je me répète : !!!!!!!!!!!!!!! Ah ben oui !!!!!!!! il faut croire que je vois là – en toute simplicité et véracité des qualités que je ne saurais taire…..

Bruno  à LOUDEAC peut voir le Kiné et sait qu’il pourra continuer sans mettre sa santé en danger mais en prenant tout de même conscience qu’il faudra faire plus doucement.

Nous n’allons pas pour autant nous arrêter là – c’est une décision de Bruno qui se montre avec une volonté à toute épreuve.

Entre temps les bénévoles de Loudéac nous avaient servi un repas plus que copieux et bien savoureux. Offert avec le cœur et le sourire tout est bien meilleur, mais là il faut dire que tout était super.

Nous repartons après nous être assurés que –vraiment- Bruno pourrait reprendre sans que son corps ne subisse de dommage ou de séquelles par la suite- c’est qu’après le Paris Brest Paris – d’autres randonnées nous attendraient aussi ! D’autres chalenges, et comme je roulais l’idée de rouler pour la fondation et de mettre en pratique une sorte de cagnotte sur un parcours déterminé qui se «  voudrait comme un kilomètre de rouler – un euro versé à la fondation «  - ça me trottait déjà sérieusement

Le moral devait être à bloc pour attaquer la partie la plus difficile : LOUDEAC-CARHAIX-BREST-CARHAIX- LOUDEAC ! une belle part de ce gâteau ( le Paris Brest qui fait d’ailleurs mon délice dès que je peux m’en offrir un – vous me direz «  qu’est ce qu’il n’aime pas Patrick ? euh……………..voilà j’aime tout – ça devrait tout résumer !!!!!!!!!!!!! et pris en bonne compagnie un verre ou un met c’est toujours un plaisir dont on ne devrait jamais se passer )

Le soleil est bas quand nous gravissons la terrible butte Saint Michel qui nous amène à Merléac- la fatigue se fait sentir, ça fait 24 heures de route déjà !!!!

Bananes et crêpes, je ne vous annonce pas mon envie du moment mais le ravitaillement, oh combien délicieux, que j’en ais encore l’eau à la bouche qui nous attente à Saint Nicolas du Pelem après le passage par Corlaix. Un coca, pour le coup c’est pas mauvais pour la digestion….. Et j’en profite, pour aller vers notre amie Jean Paul que je contacte sur le petit portable, dont nous avons tant parlé, Jean Paul notre bienfaiteur qui nous attend à Carhaix avec sa femme Isabelle, son oncle, et qui va mettre à notre disposition son camping car pour que nous puissions nous reposer, nous attendent également Claude et Jeanine. Sérieusement ça fait du bien d’être attendus à bras ouverts !!!!!!  Surtout quand on sait que l’heure prévue est de 23 heures, il  y en a qui n’aimerait pas quitter leurs lits douillets, mais dans le monde cyclo comme dans de nombreux sports ou corporations c’est l’aide fraternelle qui prédomine !!!!

Malgré la nuit nous sommes toujours encouragés par de braves gens, qui se montrent vraiment bienveillants et nous proposent toujours de nous ravitailler, comme si nous faisions partis du Tour de France ! Comment ne pas adorer une telle ambiance- on a de l’importance que l’on a pas forcément- c’est tellement enrichissant de voir les choses autrement et de pouvoir se dire que la nature humaine n’est pas si «  noire » que l’on veut parfois se la décrire- j’ai de belles pensées pour toutes ces personnes rencontrées même brièvement !!!!

Nous retrouvons donc nos amis de l’Amicale Cyclo  Pavillaise, Janine – Isabelle- Jean Paul et Claude pour une bonne souplette bien revigorante et un repas copieux, sans avoir oublier une bonne douche salvatrice pour nous et pour épargner l’odorat de nos amis , c’est que la sueur, ça se ressent quand même, et celle là n’est pas venue à la sueur de nos fronts mais bien avec tout le corps !!!!!!

Le ventre bien tendu : merci !!!!!!!!!!!!!!  Nous tombons dans les bras de Morphée qui nous accueille pour une nuit de 4 heures. C’est suffisant, moins se serait trop court, il faut le temps quand même de laisser défiler toutes les pensées qui retournent vers les kilomètres parcourus et pour que ce soit efficaces, je pense que c’est un bon timing- chacun le sien cependant…..

Philippe est arrivé alors que j’étais tellement bien dans mon sommeil que je n’ais même pas entendu que nous venions d’être rejoints par notre ami- et le petit déjeuner –lui aussi copieux- ( on aime pas faire dans la disette ) nous met d’excellente humeur. Il n’y a pas de bonne compagnie qui ne se quitte surtout quand on part en plus avec des gâteaux bretons dans la sacoche et hop des bananes…..à ce régime là ….j’y reviendrais ……..

Nous repartons vers Brest à 5 heures.  Philippe lui dormira tranquillement- La Brume nous semble magnifique telle une barbe à papa sur le paysage….j’ai toujours une référence à l’alimentaire, je me demande bien si je ne serais pas plus que gourmand finalement- il ne fait pas froid et on a vite chaud avec toutes les cotes du Massif Armoricains…..

L’Irlande je m’y serais cru en traversant le paysage menant au Roc Trévezel, les sommets sont usés et arrondis, et les tourbières sont à fleur de roches.

Nous franchissons l’embouchure de l’Elorn, par un pont suspendu, super sympath, et je me prends à penser qu’après l’Irlande je voyage vers San Francisco – Revenons quand même en arrière, je n’étais pas en route pour faire un Paris Brest Paris ? Si vous me laissez aller à mes rêveries………évidemment…………mais ne suis-je pas le cyclo rêveur ? On sait d’où me vient ce surnom qui me colle si bien à la peau………….

Sur le chemin du retour vers le Roc Trévezel, une voix qui me rappelle un chant de sirène tant je plane encore, entre notre arrivée et la préparation des organisateurs, qui y ont mis tout leur cœur, pour nous rendre tout cela agréable, cette voix donc qui me criait avec ravissement un «  ALORS PATRICK » et à laquelle j’avais envie de répondre «  alors on attend pas Patrick !!!! » me cloua sur place – c’était Nicky et je doute qu’elle puisse qui était le Patrick que tout le monde était sensé attendre ( au camping des flots bleu d’Arcachon ) –

Il est temps de reprendre la route vers Paris, notre point de départ et notre point d’arrivée…. Nous arrivons à Landerneau – c’est sur une route relativement plate que nous roulons, puis viens l’interminable montée du Roc Trevezel sous un soleil de plomb. Il est si chaud ce soleil, qu’il ne sera pas sans nous tanner la peau et nous donner une belle couleur, de celles que l’on remarque sur le visage des hommes qui travaillent à l’extérieur, en mer ou sur la terre, mais que les éléments marquent de leur passage malgré tout…..nous ne sommes pas en vacances mais la mine sera bronzée assurément…..

C’est bien dans cette montée que j’ai entendu la voix de Nicky- alors évidemment tel un coq – la tête relevée – il ne s’agissait pas d’avoir l’air de bouillir dans son jus, c’est pas le top glamour tout de même. Même si je le rappelle il s’agit d’une belle rencontre amicale, je suis un coquet qui parfois s’ignore, je ne suis pas toujours à mon avantage, déjà en tenue de cyclo alors si en plus je sue à grandes eaux !!!!!

Ça m’aide à la gravir cette pente. Comme quoi l’égo parfois…..

Retour à Carhaix, ou Claude et Jeanine sont tout heureux de nous voir arriver – et cette fois ci en vélo – pas comme il y a quatre ans, mais tout ça c’est une autre histoire. Le fait est que c’est leur ami Jean Claude qui avait du m’apporter son assistance à Brest, j’en avais bavé des «  ronds de jambes » - à l’occasion il faudra que je recherche d’où peu bien venir cette expression- parfois on en sort comme un lapin d’un chapeau mais on ne sait pas vraiment d’où viennent les origines des «  petites expressions » que l’on utilise et qui varient selon les départements…..

La gentillesse de Claude et Jeanine, c’est du bonheur à l’état pur, quand on fait le Paris Brest Paris ou que l’on roule entre cyclo les sentiments sont parfois exacerbés, et là ils le sont naturellement dans le bon sens- je vous rassure le cyclo rêveur ne vit pas au monde des bisounours ou tout il est beau et tout le monde il est gentil, mais je vous invite à venir nous rejoindre dès que vous le souhaiterez et de vous-même vous pourrez le vérifier les sentiments sont toujours tournés vers la spontanéité , la gentillesse, la courtoisie, l’humour aussi – et un esprit d’entre aide, qui ne sont jamais absents……

Nos amis nous offrent un repas des plus copieux, et ça- ça remonte le moral du cyclo. Les estomacs de Bruno et de moi-même s’ils pouvaient s’exprimer criaient d’une belle voix unique : MERCI !!!!

Malgré nos douleurs respectives, parfois on se demande si dans une partie de nos corps il y en a une qui est encore «  en bon état de marche et sans petit ou grand bobo » - nous tenons bon le guidon pour aller toujours de l’avant surtout sur le tronçon Carhaix- Loudéac, vous ais je dis – que celui la aussi je vous dirais qu’il est difficile. C’est que nous sommes loin d’être en promenade, mais tout chalenge est fait d’alternance de douleurs, de bonheurs.. le mélange des deux laisse prédominer le bonheur, je puis vous l’assurer, et vous rassurer si vous souhaitiez venir avec nous tenter l’expérience….

Bruno souffre toujours du genou, et les miens commencent à montrer des signes de fatigue évidente. Ce sont mes poignets rivés au guidon qui me lancent des petites douleurs qui s’amplifient puis diminuent pour mieux revenir, me rappelant que ce n’est pas une position logique pour un corps que de rester ainsi accrocher littéralement à son guidon et les jambes en mode «  on pétale – on pétale »

Une pause s’impose. Pour mes poignets, mes genoux ??? Oui et pour des crêpes – coca comme à l’allée à St Nicolas du Pelem- une excuse pour nous arrêter ? Il n’y a pas de mal à se faire plaisir, et je vous rassure mon palais et mon estomac vont très bien, finalement je viens de trouver exactement les points de mon corps qui fonctionnent en toutes occasions !!! Une tête familière, celle de Christine que je n’avait pas vu depuis pas mal de temps et qui survoltée comme si toute l’énergie de la terre s’était emparée de son corps ( pas d’exorcisme pour elle – c’est que son but est d’arrivée en première à Paris). Christine veut rentrer dans Paris comme en terrain conquis ! Quel moral d’acier, et quelle belle performance pour cette jeune dame aux coups de pétales bien ajustés. Allez Christine – allez !!!!!!!

Elle y arrivera !!!!!!! Je ne voulais pas vous faire attendre pour vous l’indiquer- le suspens était vraiment à son paroxysme là non ??????????

A Loudéac, encore une pause déjeuner, heureusement qu’on ne roule pas l’estomac dans les talons, ça serait bien difficile d’avancer……mais à gourmand et à corps en demandant de l’énergie, il faut en donner, point besoin de régime – on perd tout au fur et à mesure des kilomètres parcourus…..

Les petits encas des personnes qui nous les tendent sur le bord de la route, trouvent en nous un bel écho de gratitude, on ne refuse jamais rien……..

Nouveau passage chez le Kiné pour la révision du genou de Bruno et la vérification de nos bécanes, finalement on prend soin de nos corps, on les répare comme on peut, on colle une rustine à nos pneus….on s’apprête à repartir et qui arrive : Nicky ! Là j’ai le temps de lui demander si tout va bien, surtout qu’on commence à savoir se parler…..le barrage des langues n’en est plus un……

Elle me montre son genou, fait une adorable grimace mi boudeuse mi contrariée- nous souffrons toutes et tous des genoux, le service Kiné va en voir défiler des cyclos «  blessés » » usés du genou »….

Elle souffre depuis Brest – rechigne à aller voir le Kiné- j’insiste et je l’accompagne pour qu’elle s’y rende aussi. Je me sens rassuré pour Nicky, pour Bruno, et moi ça va – on continue….

Direction Tinténiac après une journée bien ensoleillée et une nuit qui s’annonce superbe vers cette portion de route qui nous réserve peu de difficulté, ça change un peu, c’est merveilleux….Mais je peine à avancer, je ne suis pas fait en titane, et nous devons nous arrêter dans un village ou les habitants semblaient nous attendre. Alors non seulement ils nous voient arriver mais rester sur place, et nous avons le droit à une musique d’ambiance locale : sympath tout ça !!! Nous retrouvons Armand, quelle santé !!! Et quelle belle volonté de cyclo- on en apprend de nos ainés. Et on en apprend aussi des plus jeunes. Finalement on en apprend surement plus lors de périple comme celui-ci sur la nature humaine que sur les bancs de l’école, quoique franchement j’aimerais être encore en âge de jouer les galopins sur ces bancs là – et recommencer toute mon histoire, j’en aurais encore des choses à faire- ça défile vite la vie- aussi vite que nos kilomètres avancés et je pense à la fondation, et je me dis que cette fois c’est sur, j’ai enfin trouvé à me motiver de nouveau. Elle ne me quitte pas la fondation- le maillot m’aide comme un gri gri que je porterais à ne pas céder à la tentation, de faire un bon roupillon dont qui sait à quelle heure ou quel jour je me réveillerais car je suis bon dormeur, un vrai loir parfois et c’est comme ça que sans rire- les cambrioleurs, ont pu prendre chez moi les clefs du véhicule et vider la maison de tout ce qui était à leur portée pendant que je dormais paisiblement nullement dérangé par le bruit et les chuchotements que je m’efforçais de ne pas m’imaginer……….tout ce petit monde là – tranquillement en train de me piller……..oups …………n’en parlons plus………

Quoique dans la foulée puisque j’espère bientôt déménager, je pense à ce moment là qu’ils ont fait le boulot de déménagement à ma place- ils auraient pu me laisser la voiture quand même !!!!!!!!!!!

Nous repartons avec Armand. Nous profitons du contrôle surprise (sortez les copies) pour faire une pause «  sommeil » à même le sol de la salle de restauration , c’est que ça nous semble bien confortable, parce que c’est dur, droit et que ça permet au corps de trouver un support pas trop mou, mais notre literie, (ça personne ne pouvait me la voler- j’étais encore dedans ……..) nous manque aussi c’est bien vrai !!!! J’ai dormi d’un sommeil léger, c’est qu’avant de partir je me suis promis qu’on ne m’y reprendrais pas deux fois, à ce jeu là !!!!! M’imaginez embarquer sur mon matelas et m’y dehors c’était comique, à l’ instant où j’y pensais, ils auraient eu juste à changer les serrures et le tour était joué, de tout j’étais dépossédé, et je me demande s’ils m’auraient réveillés. Donc un petit somme, léger, je n’avais pas l’intention de voir mon coéquipier s’envoler, ni ma sacoche de rechange et le portable ( un prêt vous pensez bien que je veillais dessus !!!) – donc à même le sol disais je et pour que vous puissiez vous dire que nous avions tous nos esprits malgré mes mésaventures d’avant Paris Brest Paris, il faut savoir que le dortoir principal était complet !!!!!Armand plus courageux, n’en tâtera pas du sol et continuera jusqu’à Fougère.

Nous avons beaucoup de chance sur ce Paris Brest Paris, encore une belle journée qui s’annonce, et le vent est de notre coté – il nous sera favorable cette fois encore. A fougères nous retrouvons un terrain escarpé. Ça roule – ça roule et nous avons le plaisir de voir Alain –croisé lors du contrôle des vélos la veille du départ pour ce grand périple-nous formons avec lui un trio sympathique et ça rompt un peu la monotonie d’une conversation qui va bon train en début de parcours et s’amenuise au fil des kilomètres, il faut croire que notre vie ne tient pas la distance pour l’écrit d’un roman…. Quoique si on me laissait la plume ………

Une texane telle une cow girl ( on ne peut pas dire cow boy n’est ce pas – ce ne serait pas délicat – mais en vérité je ne pense pas que le terme puisse s’appliquer à la gente féminine puisqu’il s’agissait de «  gardiens de vaches «  ) sur son cheval – nous double à vive allure dans les descentes, et comme elle passe avec amusement en nous lançant des ye ye ye et en nous mimant quasiment le galop du cheval nous ne pouvons nous empêcher de lui répondre de la même sorte- tout ça est bon enfant et ça détend je vous l’assure- elle a un sens de l’humour superbe !!!! Ce petit jeu va durer plus longtemps que l’on peut l’imaginer entre les descentes et les montées, sur un terrain bien bosselé, que nous n’avions pas vu de la même manière à l’allée- comme quoi l’adrénaline du départ nous fait décupler nos forces et petit à petit, rendus à l’état d’humain moins surdynamisés, on se rend bien compte qu’il y a finalement un allée et un retour pas du tout identique, et pourtant empruntant les mêmes routes. Phénomène étrange, s’il en est, et réalité de la fatigue du corps mais bien être cependant, nous avons depuis bien longtemps dépassé le stade de la douleur, et celui là s’éloignera dès que nous ne serons plus qu’à quelques kilomètres de l’arrivée – plus de fatigue mais de l’endorphine à mon avis, tant ça va nous faire plaisir d’arriver- le souci que je me pose c’est comment arriver à s’arrêter. J’ai l’impression que mon aimable fessier est vissé à ma selle….Le moment n’était pas encore venu.

Villaines-la-Juhel, applaudis comme des champions instantanément nous redressons nos postures, un brin avachis depuis quelques kilomètres, courbés sur les vélos, là on ne se rate pas, on fait les beaux

Nous serons heureux de voir Marion et Anne – épouses et fille respectives de Bruno venues encourager leur père et les autres cyclo dont je fais partie évidemment, c’est pour lui un moment unique, et il en profite c’est évident. Pas de petite personne pour moi spécialement mais une belle foule en liesse qui nous ravie toutes et tous autant que nous sommes. Je suis comblé comme un nouveau né après une tété.

Une famille de trois générations nous encourage en haut d’une côte, et pour vous dire comment j’ai appris qu’ils étaient tous de la même famille, c’est qu’avec beaucoup de bonheur partagé ils nous proposent de l’eau- eux contents de voir des «  cyclos de prêt » et nous de boire de l’eau bien fraiche. Deux matelas sont mis à notre disposition- la c’est le top confort – comme nous sommes trois, je me propose de faire ma pause dans l’herbe qui je l’avoue est mon support préféré en extérieur, j’aime quand elle est demi sèche- et que les brins d’herbe tout alentour me font comme un massage délicieux et j’aime vraiment cette communion avec la nature….ça me ressource- j’avoue que je n’aime pas m’y allonger si la pluie vient de la détremper, parce que tout simplement pour les vêtements de rechange on repassera ….

Nous repartons, et je commence à montrer des signes de faiblesse qu’Alain tente d’enrayer a coup de barres au sésame et au miel : promis je ne joue pas le comédien en herbe pour en obtenir plus que j’en ais besoin !!! et c’est que j’ai quand même cinquante ans !! Oui bon c’est sur qu’au vu de l’âge d’Armand, et ses quatre vingt printemps, je vais peut être m’abstenir de jouer sur mon âge pour trouver un prétexte à mon coup de faiblesse……..Cependant j’adore ces petites barres là – je suis décidément vraiment très très gourmand. Une bouche et un ventre sur un vélo mais des yeux aussi et les paysages qui défilent – les odeurs que l’on sent en fonction du temps, de l’heure du jour- c’est autant de délices qui font les plus beaux souvenirs…….

Mes jambes et mon moral je les ais donné en partant à la fondation- et j’ai bien l’intention de continuer à leur donner autant que je pourrais………j’avance donc………

Alain toujours prévenant nous offre un café au village de la Fresnay sur Sarthe, et ce café à sa petite histoire, il y a deux ans auparavant nous y avions fait escale et la patronne du bar nous en avions fait la connaissance – Jean Jacques, Bruno et moi lors d’un périple Rouen Rennes et il aurait été négligeant et peu convenable de ne pas aller saluer cette charmante dame……

Quand on est cyclo il y en a des lieux, des villes, des gens que l’on oublie pas………ça fait chaud au cœur, chaud comme son café si bien dosé et qui nous semble si savoureux, gorgée après gorgée.

Encore des Monts à gravir…et c’est toujours dans ces moments là que mon ex – une ch’ti décide de me téléphoner. Elle a un don. Celui de toujours me téléphoner quand je suis occupé- et elle sait en tirer des conclusions qu’il ne viendrait à personne d’avoir en tête- je décroche, vu mon allure – je ne risque pas de tomber et je pense qu’il y a certainement une urgence !!!!!!!! pensez vous !!!!!!! «  alors Patoche t’as fini de faire le zouave sur ton vélo ? Moi han han – «  non ! «  Dans un souffle qui pourtant me servirait mieux à doser mon effort «  t’es occupé là dis donc ? t’es essoufflé il me semble !!! » «  Moi naon «  tuf tuf.

« bon c’est pas tout ça mais quand tu auras fini de t’amuser avec tes copains tu penseras vite fait à me mettre la maison en vente hein !!!!!!!!!! » ben voyons – et elle me raccroche littéralement au nez !!

Puis me rappelle- et éclate de rire- elle vient de se souvenir que je lui avais donné les dates du Paris Brest Paris et surtout que je roulais pour une fondation !!!!!!! Et quand elle se met «  le boyau à la rigolade » -vélo ou pas- pentes à gravir ou pas- elle se fait un plaisir certain à ne pas raccrocher…..j’ai une pensée pour mon ami Jacques, heureusement que dans son groupe des féminines il n’a pas un phénomène pareil- parce qu’il en faut de la discipline pour justement exercer la notre en mode sportif.

Montagne en Perche- Haut perché- ultime effort de la journée- il faut encore donner de soi même et avancer- mètre après mètre, parce que franchement, là ça devient presque du sur place – la respiration m’est revenue, bien que je reste estomaqué de la légèreté avec laquelle mon ex s’amuse à me couper dans mes élans de cyclo ! Décidément, elle a un don, je vous dis !!! À noter pour celles et ceux qui aimeraient se trouver une belle maison quatre chambres que j’ai la mienne sur Pavilly à mettre en vente. Et vu l’optimisme de l’appel téléphonique reçu –je pense qu’il faudrait que je gagne aussi ce pari là ……à mon retour. j’y pense encore un instant, souris de toutes mes dents parce que je repense justement à «  ce boyau de la rigolade «  qui a donné à mon ex l’occasion de me faire rire aux larmes avant le mauvais départ, à la terrasse d’un café- elle s’était mise à me parler en ch’ti et force est de constater qu’elle avait la forme !!!!!!!!!!!! elle est toujours d’humeur à dire des âneries, même dans les pires situations…….au moins avec elle, jamais de soupe à la grimace mais toujours une assiette pour celui qui viendrait à frapper à la porte, toujours un verre à servir, pas de chi chi mais une ch’ti mi – finalement on est encore les meilleurs amis du monde, vu qu’elle ne voit pas et moi non plus pourquoi nous serions fâchés !!!!!!!!!!

Revenons au Paris Brest Paris !!!! Nous prenons un repas bien mérité après nous être enfin approché du cloché de l’église de la Montagne en Perche, ce repas nous le dégustons avec notre tandem tricycle Américain, rencontré sur le bord de la route à l’allée. Nous allons aussi avoir un luxe qui- est comme celui que l’on destine aux gagnants des épreuves de Kolh Hanta, un matelas et une couverture, qui vont l’un comme l’autre nous réchauffer les corps, et surtout nous permettre d’avoir une très douce pause. Ça n’a l’air de rien comme ça mais qu’est ce qu’on est bien sur un matelas et sous une couverture….. !!

2 Heures de sommeil programmé- c’est un peu court mais là il ne faut plus perdre de temps, on arrive tout de même en fin de parcours, ce n’est pas le moment de roupiller une nuit complète ou de s’en octroyer le double. De nombreux randonneurs sont tout autour de nous- Nuit détestable, faite de cauchemar, la maison, la voiture………que de soucis – mes amis – que de soucis- vite une pensée vers la fondation, c’est la l’essentiel, le reste n’est que matériel, je ne veux pas m’arrêter à cela, je veux oublier, et je veux surtout avancer……finalement deux heures de ce sommeil là franchement ça suffit amplement- perturber un cyclo rêveur pour le laisser cyclo cauchemardeux, ….( ça se dit ça ? – le terme n’est pas très jovial ) –

Il reste 140 kilomètres – ce sont les derniers- et j’ai presqu’envie de ralentir pour y rester à mon Paris Brest Paris, mais je sais aussi que je dois à la fondation, le fait de réussir ce dernier en temps et heure, sinon ça ne voudrait plus vraiment dire tout ce que j’ai envie d’écrire pour aider la recherche- et si je fais ce récit c’est aussi pour cela- bien sur il y a la partie «  je vous le raconte mon Paris Brest Paris, mais il y a surtout le plus important – faire connaitre la fondation » - alors en avant !!!!!!!!

En avant – en avant c’est vite dit !!!!!!!!!!! Je ne retrouve pas mon vélo, ma randonneuse, parmi tous les vélos qui se trouvent à l’extérieur du local- et le peu de luminosité ça n’aide pas !!!!!!!!!!! Je fais donc une recherche minutieuse, rangée par rangée – et je vais vous dire que là je porte bien mon surnom le cyclo rêveur est bien incapable de savoir ou il a déposé sa bécane !!!! Une bonne fée – certainement- me fait pensé que je m’étais dis «  près d’un robinet – comme ça je n’oublierais pas » !!!!!!!!! Il faut toujours que j’agisse comme cela, je ne suis pas certain d’avoir la tête sur les épaules, bien au contraire….

Je préviens Alain que je pars devant, inutile que j’attende Bruno et Alain, les laisser se reposer encore c’est ce qu’il y a de mieux à faire- ce pour une raison très simple- au rythme ou je vais rouler ils auront tôt fait de me rattraper – au moins je ne vais pas les ralentir- un joli soulagement- Je ne suis pas en grande forme. J’avance jusqu’à Songeons ou mes co – équipiers me retrouvent effectivement, et comme je suis du genre à honorer une dette je m’étais arrêter afin de rembourser le repas qu’Alain avait eu la gentillesse de m’avancer, parce qu’a court de «  fraiche » il me fallait trouver un distributeur de billets, chose faite. C’est sympath de l’avoir fait – franchement- et pour me montrer comme il est content de ma progression il m’offre une barre de sésame, miel- une récompense !!!!!!!!!

Il faut peut de chose pour être heureux !!! À la place d’un trophée une barre de céréales offerte avec le cœur, c’est plus précieux qu’une coupe offerte à la va vite….tiens quelles idées me tarabusquent ??? Aucune précisément….

Sois Alain est comme Marie Popin’s et il a une sacoche qui ne se vide pas – et sort des barres de céréales comme par magie- soit il se prive pour me soutenir et d’une manière ou d’une autre, quelque soit la réponse…….ça fait un bien fou !!!

De longues portions de routes droites et rectilignes pour finir l’approche vers Dreux, ça change- ça tombe bien- finalement je pense que les organisateurs ont du le faire un maximum de fois ce Paris Brest Paris, parce que les efforts sont bien dosés- et ça c’est une sacrée organisation, savoir préparé un parcours ou tout le monde peut finir et réussir un beau chalenge….je salue intérieurement tous les bénévoles, j’admire les organisateurs, un instant je rêve, moi aussi de créer un parcours qui serait de cette trempe- mais c’est un rêve et ça – ça ne coute pas d’effort – surtout dans mon cas.

Ultime contrôle- ça y est – ça va se terminer- je n’ais pas spécialement envie de rentrer, mais je souhaite ardemment me doucher, et lors d’un petit déjeuner gourmand, c’est cette idée que j’expose à Bruno mais qui sur un malentendu ne l’entend pas de cette oreille et ne souhaite pas faire de halte visiblement pour pouvoir arriver à 10 h à Saint Quentin ! Il n’y a pas de bonne compagnie qui ne se quitte- on ne se fâche pas pour autant, c’est là l’idée de l’autonomie à un moment ou un autre du parcours et c’est là aussi le respect du choix de chacun. Qu’à cela ne tienne- nous nous retrouverons à l’arrivée- revoir sa femme et sa fille voilà qui motive vraiment Bruno.

Je suis heureux de rouler un peu seul- c’est vrai que Bruno m’avait dit «  je le fais pour toi ce Paris Brest Paris ! «  Et j’en ais été conscient, mais c’est aussi se sentir parfois un peu boulet quand on arrive plus à donner autant que l’on voudrait- c’est donc d’un cœur léger que chacun de nous finira son Paris Brest Paris en solo.

Dans un préau de cours de récréation, d’une école je profite d’un moment repos, et je pense à toutes ces petites têtes blondes qui seraient bien surprises de voir un hurluberlu couché là à même le sol et ayant en lui peut être l’idée de rempiler pour une maternelle à mettre à profit pour progresser………  je souris – c’est la vie …

Gambais ultime difficulté, je vois Stéphane Marchand, qui vient de me doubler, et je me porte à sa hauteur, c’est une personne que j’apprécie et comme il avait été cité comme moi comme assimilé «  au VCFC » je ne trahis pas de secret en mentionnant que c’est aussi le frère de Sylvie – l’une des féminines du groupe de Fécamp, qui fait aussi son Paris Brest Paris, comme je l’avais mentionné en début de récit- Armand- Thomas- et Jean Claude –avec Sylvie les 4 mousquetaires valeureux. Stéphane est de cette trempe là mais plus solitaire me semble t-il … ce qui est loin de me déplaire mais j’avoue que d’avoir gouté à la vie de club cyclo ça m’a changé complètement – j’aime mieux rouler en groupe désormais- ceci étant nous sommes loin d’avoir le même âge, j’ai été un fougueux aussi durant un temps….

Et pour tout dire de fougueux là je ne le suis pas un instant puisque Stéphane sans avoir l’air de fournir le moindre effort monte cette affreuse pente que moi je gravis pratiquement couché sur ma randonneuse, pensant peut être qu’elle va se décider à rouler d’elle-même !!! Un cheval aurait été bien plus brave qu’elle a ce moment !!!!!!!!

Je savoure les derniers kilomètres sous la pluie qui me rafraichit agréablement- la foule nous applaudi, on n’est jamais seul vraiment au Paris Brest Paris, et je retrouve le vélodrome, Jean Marc, Jean Seb, Jean Jacques, Sylvaine, Emmanuelle et tant d’autres avec des visages radieux : la réussite !!!!!!!!!!!

C’est fait – on y est arrivés !!!!!!!!!

J’ai une pensée à mes amis qui n’ont pu aller au bout de ce rêve et notamment à Bruno G. Jean-Luc et Pierre et surtout à Daniel Dorleans dont je salue sa vie pleinement romanesques voir son site : http://www.dorleans.com/

Petite info de dernière minute que je rajoute avec bonheur à ma première mouture du Paris Brest Paris :

Une belle surprise nous a était offerte leur de la réunion mensuelle de A.C.P, à l’initiative de notre Président Philippe Jeanne, qui nous à mis à l’honneur : Le club finance notre inscription au PBP à hauteur de 50 euros et puis nous avons eu une heureuse surprise : leur du pot de l’amitié. Quelle joie de découvrir 3 grands Paris-Brest joliment décoré à notre attention !!

Merci à tout ce qui nombreux nous ont suivis tout au long de ce périple et félicités dès notre retour. 

Patrick Le cyclo Rêveur

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