Paris Brest Paris 2015 au féminin ? Un défi à relever et une réussite !

Ffct fille rougeUn groupe de Féminines de Haute Normandie sur le Paris-Brest-Paris 2015 ?

Jean Jacques Lepage se propose de vous aider à relever ce défi !

Photo j j lepageJean Jacques Lepage de la confrérie des brevets de France a l'expérience du terrain.

Il aime tous les défis.

En 2015 son challenge : emmener, tout en douceur, un groupe de féminines sur le P-B-P.

Le défi : toutes au départ - toutes à l'arrivée.

Il se propose de vous entraîner sur le 200 km, le 300 km, le 400 km et le 600 km et de vous accompagner sur le Paris - Brest - Paris 2015.

Vous avez peur, normal, cela le rassure !

Venez déjà pour un 200 km, ensuite il vous donnera son avis, ses conseils, et vous même en saurez plus sur vos motivations.

Pour le contacter  voici son adresse mel :
j.lepage3@wanadoo.fr

Suite à cette proposition, 2 femmes, Emmanuelle et Sylvaine ont décidé de relever ce défi ! La suite ci dessous....

Du 200 au 400 : Les Qualifications pour Paris-Brest-Paris au féminin : Le récit de Jean-Jacques

En 2011, après avoir participé pour la 1iere fois au Paris-Brest-Paris, il m'apparut comme une évidence qu'en 2015 que je me replongerai dans l'atmosphère si particulière qui se dégage de ce grand rassemblement international du vélo. Désirant placer cette nouvelle édition sous le signe du partage, l'idée de constituer un petit groupe de cyclos, que  l'exigence de l'épreuve pouvait freiner, fit son chemin : l'expérience des longues distances que j'avais acquise en d'autres temps grâce à des cyclos comme Daniel Guignant me servirait pour mener à bien ce projet.

200 de ROUEN : Emmanuelle & Sylvaine
0010Contacts pris,  deux féminines, Emmanuelle (Club du Trait) et Sylvaine (Club de Canteleu) sont  au rendez-vous du BRM 200 de Rouen, 1ier  brevet de la série des BRM qualificatifs. Le départ matinal s'effectue sous un ciel chargé et une atmosphère venteuse. Un peloton d'une cinquantaine de cyclos progresse jusqu'à DUCLAIR ou une première côte provoque naturellement un éclatement en  plusieurs petits groupes. Le notre, composé d'une dizaine de vélos, poursuit sa progression  avec un vent le plus souvent favorable jusqu'à FECAMP où la première pause ravitaillement est observée. La pluie persistante  n’incite pas à prolonger notre halte, surtout que les 4Okms qui nous attentent s'effectuent avec un vent de tempête 3/4 face. Le changement de cap à SAINT ROMAIN nous permet de bénéficier d'un vent portant sous une pluie devenue moins dense. Les langues se délient et les conversations vont bon train. Emmanuelle et Sylvaine ne montrent pas de signe particulier de fatigue et les autres membres de notre vaisseau (Gilles, Bruno, Denis, Henri, Pascal, Marc, Jean-Marc,..) respectent parfaitement mes consignes d'allure. L'arrêt du midi s’effectue dans un café à LILLEBONNE afin de se réchauffer. L'après-midi, les conditions météo se durcissent encore et les branches d'arbres qui jonchent les chaussées et les fils télégraphiques qui trainent par terre en sont les témoins. Le dernier pointage à ISNEAUVILLE me permet d'évaluer  l'état des troupes : de la fatigue mais pas d'épuisement. Malgré les mauvaises conditions, l'état de fraicheur reste correct. La Descente sur Rouen marquera le terme de ce premier brevet qualificatif.

200 du HAVRE : Emmanuelle
0032Une Semaine plus tard, Je retrouve Emmanuelle sur le BRM 200 du Havre organisé par Michel LINDET. Les BRMs de Michel ont toujours eu une saveur particulière car sa présence avec son épouse aux points de contrôle en font une marque de fabrique : Café, gâteaux et débriefing sur le déroulement de la randonnée.  Cette fois, pas de tempête mais un ciel indécis : bruines et éclaircies. Nous retrouvons des cyclos qui ont participé au BRM de Rouen.  Départ groupé : une majorité des participants parait décider à rouler avec nous en se callant sur mon tempo. Un peloton d'une trentaine de vélos longe le RISLE à allure audax sur une route peu accidentée. Petit déjeuner à BRIONNE et petite pause à BEAUMONT LE ROGER ou nous retrouvons MICHEL  pour le premier contrôle. Emmanuelle se sent très bien et c'est groupé que nous arpentons la côte qui nous mène sur le plateau du Neubourg. La température est agréable et tous les participants semblent satisfaits de rouler de concert. A midi, alors que nous approchons de la SEINE, nous devinons le rideau de pluie qui floute les collines du Pays de CAUX  . Je monte le pont de BROTONNE au coté d'Emmanuelle qui  semble très à l’aise, ce qui me rassure sur mon choix de rythme du matin. Pause-déjeuner de 3/4 d'heure à Caudebec et bâchage avant de repartir sous la pluie en direction du Havre avec un léger vent défavorable. Nous arrivons à TANCARVILLE en même temps que le ciel bleu. Le soleil nous accompagnera jusqu'au terme de ce brevet qui fut en tout point très agréable.

300 de ROUEN : Sylvaine
0046Le 17 Avril, Sylvaine est au départ du 300 Kms de Rouen. Les prévisions météos sont bonnes. Nous nous élançons à 2heures de Matin en direction de DIEPPE pour  effectuer une centaine de kms de nuit. La côte de NEUFCHATEL nous plonge dès le départ dans le feu de l'action. Je la gravis en compagnie de Sylvaine à une allure volontairement très modérée : environs 16 heures de vélo nous attentent, la route sera longue. En haut de la bosse, les différents groupes fusionnent pour former une longue procession lumineuse qui atteint DIEPPE vers 5h00 après avoir longé la varenne. En  remontant nord-est vers le TREPORT, nous voyons l'horizon s’éclaircir. Apres le pointage du TREPORT ou le jour a fini de se lever, la topographie de la vallée de la BRESLE nous incite à former un petit groupe  pour gérer au mieux la succession de faux plats à destination d'AUMALE ou le café et les viennoiseries nous aident à mettre un terme à la fraicheur matinale. Le groupe du 200 de Rouen s'est  naturellement reformé pour traverser le pays de BRAY. Nous déjeunons à GISORS à la terrasse d'un café  en compagnie d'un soleil généreux. Les troupes semblent fraiches et c'est avec envie que nous remontons sur nos montures pour rallier la SEINE à VERNON ou nous croiserons d'autres participants devant une boulangerie. La fin du parcours, avec le vent de face et de longues cotes, apparait un peu plus compliquée, mais notre témérité matinale nous permet d'avaler les derniers kilomètres dans de très bonnes conditions. De retour à ROUEN, Sylvaine est satisfaite du déroulement de la randonnée et me donne rendez-vous pour le 400 de ROUEN.

300 de DIEPPE : Emmanuelle
0051 1La semaine suivante, Emmanuelle participe au 300 de DIEPPE. La météo incertaine l'a un peu stressée et les averses de la première partie de la nuit ne l'incitent pas à se rassurer. Les premiers coups de pédales sont donnés dans une atmosphère humide. Les conversations qui s'entremêlent  au sein du peloton en sillonnant les routes de la varenne, conforte mon choix d'allure en tête du peloton. Les quelques passages pluvieux matinaux ne suffisent pas à nous tremper et c'est quasiment au sec que le premier  pointage est observé à pont de l'arche ou nous avons  à déplorer un petit incident qui provoque le chute d'Emmanuelle. Hématome à la paume, bras endolori, dérailleur abimé. Tout rentre, cependant, dans l'ordre et malgré ses meurtrissures, Emmanuelle repart avec notre petit groupe constitué de Gilles, Bruno, Denis et Patrick. Sur la route de Conches, le soleil fait son apparition et nous laisse penser que les prévisions  météo de la veille ne se vérifieront pas. Le petit déjeuner est pris au pointage de Conches et c'est débarrassé de nos vêtements de pluie que nous attaquons à allure plus soutenue la longue ligne droite à destination du NEUBOURG. De retour sur des routes moins fréquentées, notre progression redevient plus cool. Les gouttes de pluie réapparaissent à notre arrivée à ROUTOT, lieu de notre arrêt du midi. Malgré la gêne persistante occasionnée par sa mésaventure matinale, Emmanuelle reprend la route en notre compagnie pour traverser la forêt de BROTONNE ou nous rejoignions un groupe de dieppois. De retour sur la rive droite de la seine, la pluie devenue plus dense fait  place à une grosse averse orageuse à l'entrée de la vallée de la DURDENT. C'est complètement traversé que nous effectuons le dernier pointage à CANY et sous une pluie continue que nous rallions DIEPPE. L’eau froide a un peu durci les muscles sur la fin du parcours, mais aucun membre de groupe ne termine exténuer à l'issue de ce 2ieme volet de la série de BRMs.

400 de ROUEN : Sylvaine
0055Le 9 Mai, Sylvaine est au départ du 400 de ROUEN. Le Menu s'annonce plutôt copieux avec une traversée d'Ouest-en-Est de la Suisse Normande de nuit. Le ciel semble s'être rangé de notre coté : les mauvaises conditions ne s'ajouteront pas à la difficulté du relief. A 14 heures, le train des cyclos démarre en direction des essarts avant de traverser le plateau du NEUBOURG  et de plonger dans la vallée de la RISLE. Tout le monde est sage et c'est un peloton compact  qui se présente, quelques heures plus tard, à SAINT PIERRE sur DIVES, lieu choisi pour le ravitaillement avant d'entamer la nuit. Les spaghettis  carbonara que nous avons commandées  Sylvaine, Pascal, Marc, Jean-Marc, Didier & moi-même se faisant attendre, nous avons du nous résoudre à laisser filer plusieurs petits groupes dont mes copains Pavillais, Bruno, Philippe & Patrick .C’est  avec un peu de retard que nous repartons  en direction de FALAISE accompagnés des cyclos fécampois qui nous ont attendus. En prévision des 150 Kms difficiles qui allaient se présenter, je pris la décision de scinder le peloton en deux afin de mieux gérer la progression de Sylvaine dans les ascensions : nos amis cyclos Fécampois  partiront devant  à l’entame du relief vallonné de la suisse normande. Apres PONT d'OUILLY, nous attaquons le plat de résistance : succession de longues cotes souvent pentues et quasiment plus de plat. J'accompagne Sylvaine dans toutes les cotes pour réguler son allure, tempérer ses ardeurs et prohiber tous les efforts inutiles. La nuit nous incite à nous fier qu’à nos sensations. Première petite pause pointage à CONDE/NOIREAU ou nous avons la chance de trouver un restaurateur qui, faisant sa fermeture, accepte de nous préparer des cafés sous les coups de minuit. Pascal profite de cette halte pour réparer une crevaison lente qui le gênait depuis déjà quelques kilomètres. La température se fait plus fraiche en reprenant la route pour d'argentan. Nous enchainons les ascensions sinueuses en traversant les forets de l'orne. Nos éclairages, certes performants, ne suffisent pas à nous faire apprécier ces paysages que je sais magnifiques. Les descentes vers les fonds de vallées augmentent notre ressenti du froid et c'est un peu transi que nous rallions  Argentan aux alentours de 3Heures 30 pour un nouveau pointage. Jean-Marc a des problèmes de sommeil et Sylvaine des difficultés pour s'alimenter. Nous prolongeons un peu la pause pour faciliter un retour au Calme. Les assauts du sommeil devenant trop pressants, nous repartons vers 4h00 en laissant Jean-Marc se reposer. Il ne nous reste plus que 3 heures de Nuit au moment ou le relief redevient un peu moins exigent. La traversée de GACE coïncide avec le  lever du jour. Pascal et Sylvaine subissent les premiers assauts du sommeil à l'instant ou Charles nous rejoint après une pause dodo à Argentan. L'Aigle, en nous proposant un café ouvert, met un point final à notre parenthèse nocturne. L'arrêt du matin avec ses boissons chaudes et ses pains au chocolat efface, en général, une grande partie  notre lassitude et nous propose souvent un nouveau départ. Ce fut le cas, avec en prime le soleil et une température plus clémente. Les 100 derniers kms n'auraient été  qu'une formalité si la fatalité de s'en était pas mêlée en nous infligeant une série de crevaisons. A proximité de ROUEN, nous retrouvons deux cyclos de Quincampoix, Didier & Serge, qui nous accompagneront jusqu'au terme de ce 400. C'est une Sylvaine, certes un peu fatiguée après ces 23 heures de randonnée, mais encore très lucide qui me donne rendez-vous pour le 600 du Havre.

400 du Havre : Emmanuelle
Le 16 mai, Emmanuelle s'aligne sur le 400 du Havre. Nous nous retrouvons à Rouelles d'où nous partons à 14 heures en compagnie de Gilles, Bruno, Denis, Marcel & James (un cyclo anglais qui sur les conseils de Michel LINDET a décidé de rouler avec nous).Cette fois, je choisis dès le départ de partir derrière le gros du peloton. Cela facilitera la 0060gestion du groupe et permettra à Emmanuelle, que je sens un peu stressée, de  retrouver le calme au fil des kilomètres. La première partie du parcours est cool : pas de difficultés, vent portant, il nous suffit d'accompagner en douceur l'aide d’Éole. Nous retrouvons, après 130 kms, Michel et son épouse à BRETEUIL qui nous propose un café, du gâteau de riz et des madeleines. Michel nous informe qu'il se postera à l'entrée de CARROUGES pour le contrôle de nuit. A la sortie de BRETEUIL, nous prenons la direction de RUGLES  avec un léger vent défavorable qui fléchit en cette fin de journée. Nous décidons de rallier L'Aigle pour diner. Marcel y a ses habitudes et connait un café ou l'on sera bien reçu. Nous nous attardons un peu à la terrasse  et prenons un peu de temps pour nous préparer pour affronter la nuit qui s'annonce déjà : Il est 20H30. La nuit s'est installée quand nous arrivons à GACE. Nous abordons la partie la plus difficile du parcours : la traversée nord-sud du département de l'Orne à l'est d'Argentan. Nous y retrouvons des cotes plus longues que j'escalade au coté d’Emmanuelle. La nuit est claire et le froid s'accentue (5-6 degrés). Nous traversons EXMES, le HARAS du PIN & MORTREE avant de retrouver Michel comme prévu à l'entrée de CARROUGES. Il est 2H00 du Matin et son café nous fait vraiment beaucoup de bien. Cette halte nocturne fut salutaire à Emmanuelle qui retrouva enfin de meilleures sensations et c'est sur un rythme plus soutenu que nous avons remonté sur FALAISE. Le jour pointe son nez peu après CREVECOEUR ou une cote très pentue nous permit de mieux résister à la petite gelée matinale. A 7heures 30, nous trouvons à PONT L’EVEQUE le bar de la délivrance : déjeuner réparateur et c'est une nouvelle journée qui commence. Patrick me téléphone pour prendre des nouvelles : il décide de nous rejoindre à TANCARVILLE pour nous accompagner sur la fin du parcours. Comme prévu, on se retrouve en haut du pont de Tancarville et c'est sous le soleil que ce BRM se termine à ROUELLES.

600 du Havre : Emmanuelle & Sylvaine
Il nous reste maintenant à valider un BRM 600. Pour ne pas manquer ce qui sera sans doute le dernier BRM que Michel organisera, nous participerons le 6 juin au 600 du Havre pour clôturer la série des brevets qualificatifs pour le PBP 2015.

Jean-Jacques 

   

Le 600 du Havre : Fin des qualifications pour Paris-Brest-Paris au féminin : Le récit de Jean-Jacques

Le 600 du Havre : Sylvaine & Emmanuelle

0018 600 havre 16 Juin 2015, dernier acte des brevets qualificatifs Paris Brest Paris. Nous avons rendez-vous à ROUELLES  pour participer au 600 organisé par Michel LINDET. A l'entrée d’HARFLEUR, une voiture me double et ralentit : je reconnais Sylvaine et Pascal qui semblent hésiter sur l'itinéraire à prendre : Je leur fais un petit signe pour les inviter à me suivre jusqu'au lieu de départ. A 4h30 du matin, Michel arrive avec son épouse.  Alors qu'il déplie la table de camping qui lui sert de bureau, on aperçoit dans le coffre de sa voiture les gâteaux de riz et les litres de café qui feront notre bonheur tout le long du parcours. Un quart d'heure avant le départ fixé à 5h00, alors qu'une vingtaine de cyclos s'affairent autour de leur vélo et que je commence à m'inquiéter de l'absence d'Emmanuelle & Gilles, le portable de Bruno sonne : petit problème d'allumage matinal, ils auront une 1/2 heure de retard. Nous en profitons pour échanger avec Michel qui nous confirme que ce BRM sera bien son dernier en tant qu'organisateur. Vers 5h20, Emmanuelle & Gilles débarquent et essuient quelques vannes potaches pour bien enfoncer le clou. Un quart d'heure plus tard, c'est un groupe au complet composé de Sylvaine, Emmanuelle, Pascal, Gilles, Bruno & Denis qui s'élance de jour sous un soleil naissant le long des rives de la Seine.

 

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L0035 600 havrea première matinée s'annonce sous les meilleurs auspices : vent plutôt favorable, relief pas trop exigent. Une première courte halte est observée à DUCLAIR pour enlever les vêtements devenus superflus. Apres avoir passé 0043 600 havrela première difficulté à SAINT MARTIN de BOSCHERVILLE,  nous dévalons vers ROUEN que nous traversons rapidement par de petites rues avant de s'en extirper en direction de l'ANDELLE que nous franchissons à PERRIERS. Au premier pointage de LYONS la FORET, nous croissons des cyclos qui participent à un autre BRM. Nous restons une bonne 1/2 heure en terrasse pour profiter pleinement du soleil avant de mettre le cap  sur le VEXIN et retrouver la SEINE à BONNIERES. Le soleil prenant de la force, on opte pour des ravitaillements courts & fréquents. Nous retrouvons Michel à ANET sur une allée ombragée à proximité du château. Nous faisons la fête aux gâteaux de riz et au café avant de reprendre la route pour la vallée de L'EURE que nous rejoignons à Nogent-le-Roi et quittons à MAINTENON en direction de la BEAUCE. A 19heures après 270Kms, nous décidons d'arrêter à ANNEAU pour se ravitailler et manger. Nous profitons des nombreux bancs présents sur la place du centre ville pour nous installer. Emmanuelle & Sylvaine semblent satisfaites du déroulement de cette première journée et aucun signe apparent de fatigue ou de lassitude pour les copains du groupe. Jean-Luc, un ami cyclo ROUENNAIS, nous retrouve quelques minutes plus tard. Il nous confesse avoir connu de meilleurs moments et que dans ces conditions, il préfère rouler seul : nous connaissons sa grande expérience et sommes convaincus qu'il saura gérer. A 20Heures, au moment ou le soleil descend et rougit l'horizon, nous donnons nos premiers coups de pédales en plaine de BEAUCE  baudrier revêtu & éclairage allumé. Le vent de nord-est accompagne notre progression vers CHATEAUDUN. Des champs à perte de vue, peu d'abris et des rangées d'éoliennes qui témoignent de la présence fréquente du vent. 0063 600 havreDeux cyclos HAVRAIS nous rattrapent peu avant VOVES et décident de rester avec nous. A la tombée de la nuit, nous apercevons au loin  les lumières de la capitale du Dunois, promesse d'une pause café imminente. A 23Heures, nous retrouvons Michel et son épouse. Le vent ne semble pas avoir beaucoup fléchi et la fraicheur s'installe. Les vêtements les plus chauds sont enfilés et les thermos de café vivement sollicités. Nous quittons Michel qui se postera à CHATEAUNEUF en THYMERAIS. Il nous reste 275Kms à effectuer quand nous reprenons la BEAUCE en direction de LOGRON. Le vent est bien présent et froid. La succession de lignes droites en faux plats toujours à découvert nous font regretter de ne pas emprunter un relief accidenté plus propice à une meilleure montée en température. Pour  casser la monotonie et la lassitude qu'elle provoque, nous arrêtons une 1/2 Heures à Courville à l’abri du vent pour grignoter, boire, se reposer & surtout vanner. Il est 4h00 quand nous apercevons la voiture de Michel à la sortie de CHATEAUNEUF. La température continue à descendre et les boissons chaudes sont une aubaine. Chacun cherche la position idéale pour un micro-sommeil. Sylvaine & Emmanuelle s'enroulent dans une couverture prêtée  par Michel qui en profite pour faire quelques clichés qui provoqueront une véritable hilarité. 0065 600 havreNous remontons sur nos vélos à 4h30 sans les deux cyclos Havrais qui ont décidé d'effectuer une pause dodo plus longue. Peu après BREZOLLES, au lever du jour, Sylvaine subissant les assauts du sommeil, nous décidons d'arrêter à BRETEUIL  au chaud dans un sas de banque repéré par Emmanuelle avant de repartir pour  LA NEUVE LYRE ou nous trouvons le premier bar ouvert en même temps que deux cyclos de BONNIERES qui viendront grossir nos rangs. Nous nous remettons en selle à 8h00, au terme d'une nuit certes un peu compliquée, mais avec le sentiment que, maintenant, nous finirons tous ensemble. Nous  progressons à nouveau plus groupés à une allure plus fluide. La longue forêt qui suit la traversée d'AJOU nous permet de rejoindre BEAUMONT Le ROGER à l'abri du vent et c'est sans difficulté que nous empruntons la Vallée de la RISLE jusqu'à PONT AUDEMER ou nous retrouvons MICHEL pour la dernière fois sur le parcours. .De retour sur la rive droite de la Seine, nous effectuons le dernier pointage à CAUDEBEC-EN-CAUX autour d'un verre avant de rallier ROUELLES via TANCARVILLE et SAINT ROMAIN et mettre un point final à la série des BRMs Qualificatifs : La route du PBP 2015 nous est désormais ouverte. Sur le retour vers Caudebec j’ai aperçu les 2 cyclos dormeurs HAVRAIS ainsi Jean-Luc à proximité du HAVRE : nous sommes heureux de savoir qu’ils sont rentrés également dans les délais.

Jean-Jacques

PARIS BREST PARIS au FEMININ : L’EPILOGUE

Dimanche 16 Aout, 17 heures, Saint Quentin en Yvelines grouille de vélos  et les discussions dans toutes les langues qui s'entremêlent  contribuent à l'atmosphère de fête ambiante. Les cyclos encore propres et fringants embrassent une dernière fois leurs proches avant de rejoindre le lieu du départ au milieu des  quelques 6000 Participants venus de tous les coins de la planète. Une demi-heure avant notre départ prévu à 19 heures, notre groupe des BRMs (Emmanuelle, Sylvaine, Bruno, Gilles, Pascal, Denis) est à nouveau reconstitué : Emmanuelle et Sylvaine semblent aussi sereines que le ciel de cette fin de journée. Nous choisissons de nous regrouper en queue du peloton avant le départ afin d'éviter les dépassements et  d’avoir l’assurance de ne pas se disperser.

A 19 heures 02, les premiers tours de roues sont donnés au milieu des applaudissements et des encouragements du nombreux public présent. Comme prévu, notre allure modérée nous permet rapidement de s'isoler du gros du peloton et de traverser sans stress les petites localités des Yvelines et leurs aménagements  ralentisseurs. La température  clémente et l'absence de vent facilite notre progression vers la vallée de l'Eure que nous traversons à Nogent le roi avant d'escalader, sous les applaudissements, la première véritable cote qui nous mènera sur les plateaux d'Eure & Loir. Les plus rapides du groupe partis à 19heures 15 nous rattrapent.  Notre allure est volontairement modérée : Notre fraicheur physique ne doit nous faire oublier que la route sera longue. Nous observons une courte pause après 70kms avant d'atteindre  Châteauneuf en Thymerais. Le Jour qui s'évanouit nous permet d'admirer la longue guirlande rouge qui nous ouvre la route vers l'ouest. L'arrivée dans le PERCHE nous propose un relief plus accidenté qui nous aide à conserver une sensation agréable malgré la température qui commence à baisser. Denis qui se sent des fourmis dans les jambes décide de nous quitter et de vivre son PBP en solo. Apres 140Kms, nous arrivons à MORTAGNE, lieu du premier accueil officiel : Tout le monde en profite pour se restaurer et enfiler des vêtements chauds afin d'affronter cette première fin de nuit.

Lundi 17 Août

Vers 2 heures, nous repartons en direction de la Sarthe dans une atmosphère plus fraiche. Notre allure est conforme à mes espérances et c'est au petit matin que nous rallions dans la brume le premier contrôle de VILLAINES LA JUHEL. Les boulangeries et les Bars regorgeant de cyclos,  nous décidons de pousser jusqu'au RIBAY pour le petit déjeuner. Le Soleil fait son apparition et les conditions redeviennent plus agréables. Aucun problème de fatigue ou de sommeil au cours de cette première matinée  qui nous verra traverser la Mayenne avant de pointer au second contrôle de FOUGERES vers Midi. Apres 310Kms,  Nous arrêtons une heure et demie à la sortie de la ville pour déjeuner et s'octroyer un peu de repos allongés sur une pelouse. Bruno nous donne des nouvelles de Denis qui semble avoir un petit coup de fatigue : Il décide de nous quitter pour tenter de le rejoindre. Nous ne sommes plus que 5 à repartir groupés pour traverser l'ILLE et VILAINE. Le secteur que nous empruntons fait partie des tronçons les moins exigeants de la randonnée : beaucoup de plat et des lignes droites à l'exception de la côte qui nous amène à BECHEREL. Il faut combattre la lassitude et garder des forces pour passer les 40Kms compliqués qui suivront LOUDEAC. Emmanuelle & Sylvaine continuent à rouler régulièrement et contrôlent bien le manque de sommeil.  Apres le pointage du milieu d'après midi à TINTENIAC, nous arrivons au contrôle de LOUDEAC au Km 450 à 21Heures. Apres un rapide bilan de l'état physique de chacun, nous  optons pour  une pause d'une heure et demie afin de se restaurer et ensuite de rejoindre CARHAIX pour dormir.

A 22 heures 30, nous reformons le groupe pour entamer  le tronçon le plus délicat qui mène à CORLAY : Routes granuleuses, pentes plus sévères.  Le manque de sommeil, la fraicheur nocturne et la lassitude après 26heures de randonnée rendent notre progression plus laborieuse. Emmanuelle & Sylvaine ne montrent aucun signe de renoncement. Elles savaient qu'il faudrait affronter des moments plus difficiles et comme Gilles, Pascal & moi, elles font face. Au détour d'une cote boisée, nous apercevons un stand illuminé qui sent bon les crêpes et ou le café coule à flots : c’était   une aubaine, qu'a une heure aussi tardive, on ne pouvait pas laisser passer. Un peu plus tard, La traversée de CORLAY met un terme au passage compliqué.

Mardi 18 Août

A 3h30, nous arrivons à CARHAIX ou nous abandonnons 3H00 aux bienfaits de Morphée.

Au Petit matin, nous reprenons la route en compagnie d'une trentaine de cyclos pour parcourir les 90Kms qui nous séparent de Brest. Le levé du jour nous permet d'admirer la magnifique cité de HUELGOAT avant de longer son lac embrumé en direction du TREVEZEL. A cet instant,  je note les absences  d'Emmanuelle &  de Gilles. Je stoppe,  attends quelques minutes, et ne pouvant les joindre faute de réseau, me résout à repartir vers HUELGOAT ou je les avais aperçus pour la dernière fois. Je les retrouve à la table d'un café en train de compléter leur petit déjeuner trop léger de CARHAIX et décide de les imiter. Nous Repartons environs 3/4 heure derrière Sylvaine & Pascal qui s'inquiètent faute de nouvelles. Tout Rentrera dans l'ordre quelques minutes plus tard : On se retrouvera à Brest. La brume matinale s'estompe et  le soleil qui réchauffe nos jambes  rend l'ascension du ROC TREVEZEL assez agréable. Nous profitons de la longue descente vers SIZUN pour se décontracter et nous  nous attardons sur le pont de PLOUGASTEL pour prendre quelques cliches avant d'entrer dans Brest sous les coups de midi : Nous avons mis 41 Heures pour rallier Brest. Les deux petites heures que nous nous accorderons à Brest pour se régénérer seront utilisées à la convenance de chacun. Sylvaine privilégiera la douche, Emmanuelle le repas, moi la sieste.

Peu avant  14heures, nous remontons sur nos vélos pour entamer le second volet de notre PBP. Dès les premiers kilomètres, à LANDERNEAU, Sylvaine me fait part de son irrésistible envie de dormir. Un grand parc verdoyant en sortie de ville fera l'affaire.  Sylvaine s'allonge sur la pelouse et s'endort.  Chacun profite de cette halte impromptue pour retrouver du calme et du repos. Au bout d'une 1/2heure, Sylvaine se lève : Le coup de sommeil est passé et nous pouvons reprendre la route. L'arrivée sur SIZUN annonce le pied de la longue cote de 15Kms qui mène au ROC TREVEZEL. Sylvaine semble avoir retrouvé des forces : l'ascension s'effectue à allure régulière et le sommet est atteint dans de bonne condition.

Le train est à nouveau en marche : A 18h30, nous effectuons notre premier pointage du retour à CARHAIX. Nous effectuons notre  ravitaillement dans un  supermarché du centre ville afin de perdre moins de temps. Il nous reste 80Kms avant de rejoindre LOUDEAC ou nous comptons dormir pour la seconde fois. La température du début de soirée est toujours aussi clémente et notre groupe progresse bien. A CORLAY, nous investissons le dernier bar ouvert pour faire le plein de boissons chaudes avant d'affronter les 35Kms tant redoutés qui nous séparent de LOUDEAC. Comme par miracle , c'est dans une relative facilité que nous arpenterons les pentes boisées que nous avions franchies dans la difficulté à l'aller.

Mercredi 19 Août

Nous arrivons au contrôle de LOUDEAC à 1H15 dans une forme correcte qui nous aurait presque incité à continuer. Nous observerons cependant la pause sommeil programmée.

A l'heure de repartir, nous constatons qu'aucun d'entre nous n'a  pu véritablement trouver  le repos. On pressent déjà une journée qui s'annonce compliquée. Dès les premiers kilomètres dans cette fin de nuit fraiche, je sens que le sommeil, qui un temps s'est refusé, est désormais prêt à s'inviter. Nous peinons à trouver un rythme régulier. Emmanuelle a des difficultés pour  rester éveillée. A LOSCOUET,  le premier bar ouvert nous offre l'occasion de se réchauffer et de boire du café. Tous les cyclos présents ont les yeux rougis par la fatigue.  Sylvaine, Pascal & Gilles sont partis devant : On se regroupera à QUEDILLAC. Dans la Descente qui suit le passage à BECHEREL, les participants qui nous devancent mettent pied à terre :  un cyclo vient de percuter une voiture. Ce drame marque nos esprits et nous fait prendre conscience des dangers qui nous guettent. Entre TINTENIAC et FOUGERES, nous ne parvenons pas à retrouver une progression correcte sur un secteur qui ne présente pourtant aucune difficulté.

A 12h30, nous pointons à FOUGERES. J'invite Emmanuelle & sylvaine à consacrer leur temps de pause au repos. Avec Gilles et pascal, nous nous occuperons du ravitaillement.

A 14H00, nous remontons sur la selle en direction de VILLAINE LA JUHEL. Le repos a fait du bien : Nous roulons avec plus de constance en traversant la Mayenne. Des vélos nous doublent, nous en rattrapons d'autres. Nous approchons des 1000Kms et cela devient dur pour tout le monde.

A 18heures 30, nous pénétrons dans VILLAINE pour le contrôle.  Après une restauration rapide en sortie de ville, nous repartons en direction de la SARTHE. Nous sommes sur les bases d'un PBP 88H. 

La  difficulté à retrouver du rythme après la pause m'inquiète. Au bout d'une heure, alors que la nuit tombe et la température reste agréable, je sens que tout le monde retrouve des forces. Nous roulons à plus vive allure, ce qui incite d'autres cyclos à intégrer notre groupe. Avec Gilles, on s'octroie une petite récréation après la traversée de MAMERS : Les sensations sont bonnes. Une Pause café improvisée à PARFONDEVAL permet de nous regrouper avant de rejoindre MORTAGNE pour l'avant dernier contrôle.

Jeudi 19 Août

La Confiance est revenue en même temps que les sensations. Nous avalons sans difficultés les derniers vallonnements du PERCHE qui nous séparent de NEUILLY Sur EURE  ou nous retrouvons un terrain plat. A 6H30, Nous effectuons notre ultime pointage à DREUX. Il restera plus de 6heures pour parcourir 60Kms. La pression descend, notre réussite est devenue une certitude. Nous nous attardons devant notre petit déjeuner pour fuir  la pluie, qui dehors, a fait son apparition. Nous décidons de repartir peu avant 8h00 sous un ciel chargé et un vent 3/4 face. J'accompagne un temps Emmanuelle que j'abandonne à gilles peu avant CONDE/VESGRE. Le groupe s'éparpille pour permettre à chacun de vivre de manière plus personnelle, la fin de son PBP. Les derniers kilomètres sont couverts sous les applaudissements d'un public admiratif.

La ligne  d'arrivée franchie, nous nous regroupons dans le vélodrome et savourons ensemble la réussite de notre entreprise avec beaucoup d'émotions. La joie et la fierté d'Emmanuelle & de sylvaine me font énormément plaisir. Leur réussite est également la mienne et je les remercie sincèrement de m'avoir accordé leur confiance, d'avoir toujours été d'humeur égale même dans la difficulté et d'avoir su balayé mes doutes quand ma confiance vacillait. Je remercie également Gilles, Pascal, Bruno & Denis  qui m'ont apporté leur soutien et qui ont contribué à la réussite du projet.

Une pensée également pour tous les bénévoles qui ont œuvré pour sécuriser le parcours et pour toutes les personnes qui nous ont soutenus sur le bord des routes  avec leurs encouragements.

Jean-Jacques

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