Préparation du Paris-Brest-Paris : Le 600 de Dieppe : Le récit de Patrick

Le 600 du C.D.C Dieppe

Après une courte nuit de sommeil nous nous rendons, Bruno et moi à Dieppe, le 600 (km) nous attend. C’est le dernier brevet qui nous permettra d’avoir un sésame qui nous permettra de participer au Paris Brest Paris, qui nous tient tant à cœur, par la pensée pour certains mais aussi pour  ceux qui pourront à ce moment là être physiquement présents, par le rêve.

Nous retrouvons sur le parking de l’hôtel de ville des visages familiers, Christine, Sylvie, Didier, Philippe, Marcel, Thomas, Stéphane, Denis, Armand …..Des habitués de cette discipline sportive qui mérite ses galons d’or et qui est portée à bout de bras, par tous les organisateurs, accompagnateurs, et que nous ne citons pas toujours dans nos récits. Ces femmes et hommes «  de cœur «  qui ont la passion dans le sang et qui savent nous la transmettre en même temps que de nombreux conseils bien utiles en temps et heure.

0005Après les formalités d’inscription pour la modique somme de 2 €, les organisateurs venus nombreux nous offrent un café et une part de gâteau. Dirais-je que je suis sensible à ces petits moments de convivialités ? Oui et là c’est aussi un petit remerciement que je ferais en pédalant (je vous rassure là j’écris je ne suis donc pas sur ma bonne vieille bécane) mais je pense souvent, donc lors de nos périples à toutes les personnes qui se mobilisent pour que nos sorties soient vraiment réussies. Je ne suis jamais déçu, et je pense toujours qu’un mot de remerciement serait vraiment la moindre des choses, et je pars en rêverie, moi le cyclo rêveur, et j’oublis l’essentiel de la vie : la gentillesse, la générosité, les valeurs du cœur.

Environs 30 randonneurs s’élancent pour la dernière étape de qualification au PBP sur le coup de 5h, du matin bien sur ! Horaire magique ? Peut être bien…..

0024 soleil se leveNous empruntons la vallée de la varenne pour rejoindre Buchy sous une fin de nuit avec une légère fraicheur. Peu à peu le soleil s’élève dans le ciel qui passe petit à petit de bleu foncé au bleu azur, ce bleu azur qui me rappelle étrangement la couleur des yeux d’une douce amie, qui n’a plus pris la même route que nous depuis bien longtemps, mais qui sait si elle ne reprendra pas celle-ci un jour ou ses envies reviendront vers plus de candeur cycliste. Je m’égare dans cette contemplation, il faut garder les yeux sur la route. Non pas vers le ciel, bien que j’aime à y chercher, à l’arrêt l’étoile filante qui exaucera mes rêves et ceux là sont destinés toujours au  bien être des personnes qui me sont chères-

Pause andelysAu point de contrôle des Andelys km 90,  nous profitons de cette première pause pour nous restaurer et mettre une tenue estivale car le soleil à bien réchauffé l’air ambiant. Nous avons toujours un petit baluchon ou ranger nos victuailles de «  secours » et nos diverses tenues, la sacoche c’est l’amie du cyclotouriste…..

0034 peloton 10 cyclosNous formons un petit peloton de 10 cyclo, je fais la connaissance de Daniel, un breton provenant de Vannes. Après quelques échanges, je lui demande s’il connait Daniel Jacob, pour ceux qui n’auraient pas le plaisir de connaitre Daniel Jacob je vous en prie n’hésitez pas à vous reporter au résumé et aux documents qui y sont liés de la conférence – sport- santé – qui s’est déroulée .le 18 avril 2015 à l’Hôtel du Département de la Seine Maritime).

Il me répond avec bonheur qu’effectivement nous avons un ami commun, et pas des moindres.

C’est cela la magie aussi des BRM, il y a le coté sportif, et les « belles rencontres ». on se retrouve, on échange, on partage, on devient amis (ies ) et vraiment si sans chercher l’âme sœur vous avez un sport qui peut vous permettre de briser votre solitude dans toute la plénitude que ce sport amène, je vous conseille le cyclotourisme et pourquoi pas en tandem ( un petit clin d’œil à mon amie Monique LORIDE et pour ………voilà ceux et celles qui ne la connaissent pas encore un petit tour vers le dossier «  conférence sport et santé » et de deux, je ne suis pas payé au nombre de fois ou je vais faire une promo à  postériori vu que celle-ci n’est plus pour cette année du moins d’actualité, mais ça fait du bien quand même d’y repenser !!!!!!!!).

Anet 2Je saute du coq à l’âne, (ces charmantes bêtes me le pardonneront) - A Anet, nous effectuons notre pause déjeuner devant le château de Diane  de Poitier qui fut elle-même une sportive en son temps.

Après un bel après midi ensoleillé, nous décidons de nous restaurer chez Giovanni, ça fleure bon l’Italie -  d’une belle assiette de pates  fraiches ! Al dente  ou pas d’ailleurs, l’Italie c’est le pays des pates, des lasagnes, des pizzaiolos qui font tourner la pate à pizza en grand artiste, j’ai bien essayé avec les crêpes, ça ne marche pas. Si vous avez une petite idée, vu que je ne sais pas faire la pate à pizza, à l’occasion …..Je prends ou je goute c’est selon….

Flute : Je ne me sens pas très bien, j’ai toute les peines à manger,- c’est une grande première, le cyclo rêveur – glouton- va désormais faillir à sa réputation de grand gourmand-  mais je me force car je sais bien qu’il est important de bien se restaurer pour passer la nuit sur le vélo. C’est fort peu glamour on me pardonnera néanmoins de n’être qu’un petit humain. Passons…..

Serge et son ami du club CDC ne vont pas très bien non plus, ils ont à peine mangé. Pourtant l’odeur nous a titillé les narines, tout était parfait, chez Giovanni, mais ce sont nos corps qui peinent. Je suis certain que j’en rêverais des pates bien fraiches que je n’ai pas vraiment mangé avec mon appétit dantesque habituel – tant pis-

Nous repartons vers les alpes Mancelles, le soleil s’estompe peu à peu, nous arriverons au village de St Céneri-le-Gérei à la tombé de la nuit-  Magnifique village tout en pierre, le spectacle est splendide ! Lorsque l’on franchi le pont de pierre (et non pas le petit pont de bois qui ne tenait plus guère que par un petit ……) surplombant la Sarthe. Entre temps Serge et son ami se sont  arrêtés, Serge ne va très bien. Nous nous enquerrons de leur état de santé, nous sommes solidaires mais ils préfèrent ne pas nous retarder et nous continuons donc notre route en espérant que le repos qu’ils vont prendre leur permettra de retrouver la forme.  C’est que nous aimons vraiment finir tous ensemble, les périples que nous commençons. Et quand l’un n’est pas bien, c’est tout le groupe qui s’en inquiète. C’est normal…..

A 22h30 nous avons de la chance de trouver une station service à Pré-en-Pail qui est équipée pour qu’ un café nous apporte un peu de réconfort pour cette longue nuit, et il passe bien le petit café, quand on a été barbouillé ( au niveau de l’estomac – sans bien savoir pourquoi ….)

Au troisième contrôle- à la Ferté-Macé-, il est déjà minuit,  nous avons de la chance (allez encore une fois – on ne sait jamais qu’à force de le répéter ce mot là : chance – elle ne finisse par se décider à ne plus nous quitter) - d’arriver juste à la fermeture du restaurant. La patronne à la gentillesse de nous tamponner nos cartons : je chantonne (mentalement je vous rassure) merci patronne- merci patronne- on est heureux comme des fous ……….

 Passons ….Nous nous allongeons une  vingtaine de minutes  sur le parvis de l’église à l’abri  du vent pour reposer un peu nos corps et nos yeux. (le reste aussi du corps je l’entends bien ainsi mais je vais à l’essentiel- le cyclo rêveur deviendrait-il le cyclo blagueur ?- je n’ais pas envie d’écrire comme à l’accoutumée un roman fleuve- mais je me lâche sur un autre registre qui je l’espère ne vous déplaira pas- je ne suis pas d’humeur à me ternir les couleurs de la vie) 

Bonne reprise, les kilomètres défilent, les côtes se succèdent le tout avec un vent favorable et une température douce. (Merci Mme la chance)

Nous plongeons (vraiment ?) sur Putanges-Pont-Écrepin, et là j’ai à peine le temps d’apercevoir des cyclos en train de se reposer dans un DAB (distributeur à billets), Je leur souhaite une bonne nuit réparatrice, et peut être auront-ils au réveil un petit magot qui sortira miraculeusement du fameux distributeur (on en a toutes et tous rêvés) - il faut remonter vers l’autre versant du vallon.

Crèvecœur-en-Auge, 4h30 du matin grosse fatigue générale, un bon lit « douillé » sur le bitume (dans certaines émissions sur des îles désertes, les épreuves de confort se gagnent- là on dirait bien que nous avons perdu celle-ci) du parking fera l’affaire pour tous.

45 minutes plus tard, les muscles en encore engourdis, une côte ardue se présente devant nous aux aurores du jour.

Denis présente des signes de fatigue, il ne peut pas suivre le rythme qui est pourtant faible, mais les nombreuses grimpettes qui mènent à Honfleur auront raison de lui.

La pluie s’invite comme prévue au moment  d‘entrer sur Honfleur-  lieu de notre prochaine validation «  pour preuve s’il en est que nous sommes bien passés par là – on vous l’assure – dans ce sport point de tricheur- il faut faire apposer un tampon pour que le kilométrage réel soit enregistré- c’est 600km – on peut faire plus mais pas moins- ) - Impossible à 7h de trouver un café ouvert en ce jour dominical, nous nous rabattons sur une boulangerie, quelques viennoiseries réconforteront  un peu nos estomacs  mais il manque cruellement d’un café bien chaud. Je me demande si j’aurais l’envie d’avaler le plat de pates que nous avons laissé chez Giovanni tant les viennoiseries n’ont pas l’air de me caler- on est jamais content en Normandie ? Pour le prouver n’ais je pas à l’instant bougonné parce qu’il manquait un café de bon matin ? Si ! Et pourtant les viennoiseries avec un jus d’orange dans une belle gourdasse, ça aurait fait l’affaire- je ne pourrais m’en prendre qu’à moi-même, je pouvais prévoir, non je bougonne- ben voilà c’est dit cyclo rêveur- cyclo bougonneur, finalement on préfère blagueur ou de bonne humeur……

0092 brasserie ouverteA la sortie de la ville, ouf, on tombe sur une brasserie ouverte, on va pouvoir apprécier cet instant intemporel et savourer ce nectar bien au chaud -  et qui annoncera une nouvelle «  bonne journée c’est pourtant pas l’ami Ricoré- à moins que le patron ait eu des parents qui auraient eu cette drôle d’idée de l’appeler ainsi- là en fait un patron de brasserie en un éclair on le voit comme un nouvel ami- enfin …..Son café bien servi)

La route qui suit nous est bien connue – enfin pour ceux qui on fait le rayon de bronze de la Ligue. Puis le pont de Tancarville sera gravi sans trop de mal grâce à la bienveillance d’Éole.

Nous pénétrons dans le territoire cauchois par la côte de Lillebonne, dans les champs, le lin commence juste à présenter ses petites fleurs bleues.

0106 pelotonYvetot puis, la vallée de la Durdant avec ses moulins à eau, Cany-Barville et son lac, Fontaine-le-Dun, Luneray, Ouville-la-Rivière, Offranville, et l’ultime montée sur les hauts de Dieppe avant de se laisser  glisser ( ah bon ? ) jusqu’au bord de mer.

Il n’y a pas de bons amis qui ne se quittent – pour le moment- et j’espère que ce récit – moins barbant à mes yeux en cet instant sera approuvé par celles et ceux qui voudront bien me faire le plaisir de le lire.

Dans le rôle du Cyclo «  blagueur » Patrick pour vous servir

Dans le rôle du cyclo rêveur Patrick (encore lui)

Dans le rôle habituel du cyclo rêveur Patrick (et l’oscar du plus grand enfant sur un vélo sera remis à ………….)

Patrick le : Cyclo blagueur, Bougonneur.... Et rêveur 

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