Préparation du Paris-Brest-Paris : 400 Km de Rouen les 9 & 10 mai - Le récit de Patrick

LE 400 DU RAC. LES 09  ET 10  MAI 2015.

Jour J - 1, je me prépare pour le 400 du Rac, je ne peux m’empêcher de penser à tous ces combattants qui font que désormais nous pourrons emprunter  les routes de France, et qui ont tout sacrifié pour nous offrir cette liberté. Je me rappelle aussi de documentaires, tous ces hommes à vélo, ces femmes, qui cheminaient annonçant enfin la bonne nouvelle : la paix était revenue et avec elle, la promesse de jours meilleurs.

Jour J : comme un clin d’œil du destin, 4 anglais sont présents, ils sont venus en WK pour faire ce 400, des alliés d’hier et des coéquipiers d’aujourd’hui. Un vrai bonheur. Un bonheur que l’on pourrait tout aussi bien partager avec d’autres hommes qui n’ont pas choisi d’être dans un camp ou dans un autre. L’Allemagne a bien souffert aussi, c’est évident. Je profite des 30 minutes avant le départ, pour me faire de nouvelles connaissances, la convivialité, la fraternité, c’est comme ça chez les cyclistes : hier on ne se connaissait pas, et le jour d’après on est solidaire, en cas de chute, de souci, mais on partage aussi de joyeux moments. Il y a les nouvelles têtes et il y a celles que l’on reconnait aussi d’emblée, des habitués comme Sylvie, Thomas , qui sont sur la ligne de Départ, du Club de Fécamp, ils sont souvent présents lors des différents brevets, il y a aussi mes compagnons de route toujours fidèles que j’aime à savoir près de moi Bruno et Jean Jacques, Christine toujours volontaire, et bien d’autres encore, qui me pardonneront de ne pas les inscrire sur ma liste de départ mais se retrouveront avec plaisir tout au long de ce récit que je veux différent des autres. Différent parce qu’il suit un 8 mai justement, et parce qu’il porte en lui toutes les valeurs défendues durant toutes ses 70 dernières années…..

Il fait 15° ce n’est pas froid. Mais une sensation de fraicheur bien particulière se fait sentir. C’est bon de sentir ce genre de sensations avant le top départ, j’ai des frissons dans les cheveux, Gérard va donner le top départ : top il est 14 heures précises. Il n’est pas suisse mais quelle ponctualité ! Ça j’aime ! Le peloton d’une trentaine de randonneurs se dirige Sud Ouest vers les Essarts en  passant par la petite route forestière de la forêt du Rouvray, belle, somptueuse, bien verte, mais en cache t-elle des secrets, c’est bien ce qui se chuchote de famille en famille. Des bruits, des vérités ? Qui peut le savoir, l’histoire se fait parfois sur une rumeur bien ou mal fondée, il ne faut jamais se fier aux apparences, je pense que ça je l’ais bien compris. Il était temps mes amis. Il faut que nous restions vigilants, les promeneurs sont nombreux, les enfants et les chiens ne le sont pas moins et si les adultes savent souvent faire preuve de sécurité ils n’anticipent pas forcément une arrivée de cyclistes qui souhaitent en découdre avec un 400, et qui pour le moment sont frais comme des gardons et n’ont qu’une idée en tête aller plus loin – aller plus vite- moins vite- mais y aller au bout de ce parcours qui sera le sésame d’un possible Paris – Brest – Paris.  Paris cette capitale qui fut si bien libérée, et qui garde en elle, beaucoup de photos, d’objets dans tous ces musées…. Il faut croire que le 08 mai 2015, me tient au cœur, serait ce la chanson des patriotes qui me hante autant……c’est que le monde va mal….mais en ce moment il ne faut pas penser autrement que vélo, ravitaillement et plaisir.

Point trop d’histoire cependant et si l’on garde le devoir du souvenir, il n’en reste pas moins que c’est aujourd’hui que s’écrit notre histoire celle du 400 du RAC du 09 et 10 mai 2015. Droit devant, sous le vent, la pluie, le soleil, mais toujours le cœur vaillant. Dans les jambes Jean Jacques et moi avons déjà fais le plein de kilomètres, partis sur les routes durant une quinzaine de jours nous enchainons bravement, le 400. Pour Jean Jacques, ça semble couler sans pour autant le fatiguer, je n’en dirais pas de même de moi ! La côte d’Elbeuf  menant au Neubourg, Jean Jacques, notre capitaine de route, mène son groupe tout en douceur, un rythme qui fait du bien, qui me semble le plus adapté, pour aller loin, ne dit on pas qu’il faut ménager sa monture, et je sais pertinemment que s’il le fait c’est pour aider tous les participants qui veulent rouler avec lui. Il s’adapte, il ne cherche pas à forcer tout un chacun à se dépasser. Le Principal atout d’un excellent capitaine de route : savoir piloter son groupe, en s’adaptant aux capacités de chacun, sans jugement, avec bienveillance. Il n’a plus de preuve à donner, Jean jacques, c’est un cycliste émérite.

Un autre groupe décide de prendre un rythme plus rapide, plus soutenu. La musculature de chacun est différente. J’ai une pensée pour mes intervenants, de la conférence sport et santé. Pour moi une véritable révélation. Je vois d’un très bon œil les cyclo rouler à leurs rythmes, gérer leurs efforts, leurs temps de pause en solo ou en compagnie, c’est un choix de vivre aussi celui de rouler pour une longue distance.

Je viens de reconnaitre Stéphane, non sans déplaisir. Nous avons fais connaissance lors du dernier 300, sympath, ouvert à la discussion, muni d’un beau gilet tout neuf qui lui permettra d’être visible de loin, ce n’est pas une négligence de sa part. il reprend le vélo après une pause travaux, les nouvelles règles de sécurité, c’est un peu comme le recyclage secouriste, une petite piqure de rappel même chez les pro ça ne fait pas de mal, lui au moins est réactif et pas du tout susceptible quand je fais mon père «  je me mêle de tout le matériel, persuadé peut être que j’ai acquis suffisamment d’expérience au cours de mes diagonales et de mes longues distances pour me la jouer paternaliste, toujours bienveillant, peut être en fais je un peu trop- ça ne déplait pas à Stéphane, et je lu en sied gré « 

Un premier pointage au Neubourg, assez rapide, nous n’avons fait que 38 k et nous repartons donc sans plus de formalités, c’est qu’il en reste des kilomètres à parcourir.

Le vent nous est défavorable, je vais rouler sous la protection de Jean Jacques et de Bruno, j’ai besoin d’eux, et ils répondent toujours présents. Depuis quelques temps je me sens fatigué. Je pense que je veux faire beaucoup mais que j’accuse bientôt – le 13 mai prochain- mes 52 ans, et que mentalement je ne les ais pas vu arriver !!!!!!!! Mentalité de gamin, corps d’adulte, beau mélange, nous voilà bien. !!!

Deuxième arrêt : Pont  Audemer : à chacun son choix, bar ou boulangerie pour la validation du pointage. Pour moi mon cœur balance entre les deux, gourmandise, boisson chaude, mon envie « les deux mon capitaine » - mais non il ne reste que quinze minutes et c’est déjà le top départ à nouveau, cette fois c’est Bruno qui nous le donne. Stéphane qui n’a pas fini sa pâtisserie, en rie de bon cœur. C’est qu’il a le même état d’esprit que le mien : inutile de se priver des spécialités du coin. Profitons- profitons-, les calories englouties fondent comme neige au soleil une fois les kilomètres parcourus… (3ème part de gâteau depuis le départ pour Stéphane, et j’ai bien envie, gourmand comme je suis de lui lancer un défit – sur ce terrain là même Pantagruel ne m’arriverait peut être pas à la cheville- j’ai un appétit féroce, et il m’arrive de ne pas savoir m’arrêter)

Dans les montées le peloton est loin d’être discipliné, cela s’explique facilement. Certains pour arriver au sommet doivent tout donner, parce que leurs corps ne savent pas faire un effort dosé. Ça s’apprend avec le temps, avec l’âge aussi, mais c’est aussi une question de besoin du corps. Le fameux déclenchement d’adrénaline, d’endorphine. Chacun est unique. D’autres se lancent des défis perso, je te double – tu me doubles- c’est amusant à observer, après tout, rien n’est à prendre au sérieux, nous sommes toutes et tous là pour le plaisir de rouler. N’est ce pas l’essence même de la vie. Le plaisir.

Il y a du trafic sur les routes que nous empruntons, nous sommes prudents. Un faux mouvement, une minute d’inattention, une tête qui se détourne ne serait ce qu’un instant de sa route, et l’accident n’est pas forcément loin. Il faut rouler bien à droite, nous ne sommes pas en Angleterre, et contrairement à ce que l’on pourrait penser ce ne sont pas nos amis les anglais qui commettent ce genre de faute, mais bien des habitués du cyclotourisme….certainement le printemps qui donne des ailes. Les voitures néanmoins ont le droit de rouler, et de nous dépasser, nous n’allons quand même pas avoir la vanité de penser que nos Bolides peuvent faire ce genre de compétition !!! Sur le coup je me lance dans un rappel à la sécurité mais ma voix ne doit pas porter avec tout ce vent, alors chacun prend sa destinée en main, après tout je ne suis pas une nounou. Il faut franchement que je travaille, Bruno en serait d’accord, à maîtriser mon stress et mes émotions. Stress que je m’auto génère parce que des accidents il m’en a été donné de voir, et je n’aimerais pas que cela arrive à nouveau. Il ne faut pas y voir une volonté de guider le groupe, ça c’est plutôt le domaine de Jean jacques, moi je suis bien incapable de le faire.

A l’approche de Saint Pierre sur Dives, quelques cyclo font un sprint, peut être un pari, à celui qui arrivera le premier au prochain pointage. Tout ça est encore une fois bonne enfant. Après tout s’ils sprintent c’est qu’ils ont de la réserve en énergie. Jean Jacques a pu leur permettre en les mettant à l’abri du vent de rouler différemment à présent. Comme je l’ais dis j’aime observer, et j’en reste pour  quelques minutes un peu dubitatif, pourquoi rouler parfois en groupe et faire une telle échappée, sans prévenir ? Un jeu ça se conçoit. Un lâcher du groupe, d’un coup d’élan, ça surprend, mais bon, moi je roule, le groupe roule, nous arriverons aussi au point de pointage. Jusqu’à preuve du contraire ce n’est pas chronométré.

Christine, Bruno, Philippe et moi,  accompagnés dignement de Charles, Théo et Didier, effectuons notre pause déjeuner dans un bar. Jean Jacques, Sylvaine, Pascal, Jean Marc dans une pizzéria, d’autres certainement préfère une pause champêtre pour cette pause bien méritée. Nous nous sommes dispersés, selon nos envies du moment, et puis c’est que nous sommes nombreux à aimer en découdre avec le repas que nous avons mentalement déjà envisagé. Ça peut faire perdre du temps à tout le groupe si nous arrivons en masse, et que le personnel ne peut assurer, en un coup de baguette magique autant de bouche à nourrir !!!

Fabrice qui s’est déjà restauré, décide de ne pas repartir avec nos amis anglais, qui selon lui roulent trop vite pour son propre tempo. Il est raisonnable, ne cherche pas à faire l’effort de trop. Belle sagesse à saluer au passage. Il va nous attendre et nous repartirons de plus belle avec lui.

Pause courte. 30 mn. Nous repartons habillés chaudement, car la nuit nous promet d’être froide.

Nous laissons Jean Jacques et son petit groupe afin de leur laisser tout le loisir de rouler au rythme qui leur convient, il ne s’agit pas de brusquer les cyclo qui décident en symbiose de s’accorder un beau 400 en mode douceur, mais avec ferveur. J’aime beaucoup la façon dont Jean Jacques prend soin des uns et des autres. Il est altruiste. J’aimerais beaucoup un jour pouvoir en faire autant, mais je suis un vieux loup solitaire, qui a appris à rouler en compagnie, mais n’est pas encore en mesure toutefois, de conduire un groupe comme le fait Jean Jacques, jusqu’au bout de la nuit et jusqu’au bout du RAC.

Nous sommes désormais sept. Un chiffre que j’aime bien. Le jour s’estompe, rien ne me déplait dans ce 400, même si mon coté père grognon tente de ressortir, je fais tout pour le maitriser. Le vent s’est calmé, il souffle encore en notre défaveur, mais rien de bien méchant. Finalement la zen attitude, ça fait du bien, même si je l’avoue je n’en suis qu’au début de mon apprentissage. En toute matière il faut du temps pour bien maitriser son sujet. Nous nous dirigeons vers la magnifique Suisse Normande, un tel spectacle se mérite, et les cotes sont nombreuses. Un peu avant minuit nous arrivons à Condé sur Noireau, lieu de notre quatrième contrôle.

Tous les commerces sont fermés. Normal qui auraient envie de faire nocturne. Les bars ? Non, bon ce sera une carte postale pour les organisateurs du RAC signés pour la validation de nos 7 prénoms : Christine, honneur aux dames, Bruno, Théo, Charles, Philippe, Fabrice et votre serviteur.

De nouveau c’est Bruno qui sonne le départ, mais Charles et moi ne sommes pas tout à fait prêt pour ce dernier, nous sommes occupés à la dégustation d’un gâteau qu’il a confectionné et qui m’a foi vaut bien le détour. Quand c’est fait avec amour, et que c’est partagé, ça à le gout du trop peu et du merveilleux. Les papilles sont ravies….départ disais je ??? ah oui ???

Le Club Cyclo fécampois n’est pas en reste, nous les retrouvons, vaillants comme toujours, du coté d’un rond point, la mine bien fraiche, ils sont entrainés, et bénéficient d’une solidarité de leur club pour faire de jolies randonnées dont le programme est un régale à lire, surtout lorsque l’on voit combien leur site est attrayant et distrayant. Un vrai exemple à suivre à n’en pas douter, et j’aime ici à le souligner.  Sylvie, Jean -Caude, Thomas, Stéphane et Armand qui a eu dernièrement ses 80 printemps sont près à reprendre la route. Nous même sommes envieux de continuer à avancer mais c’est sans compter sur nos GPS qui ont du être le jouet de petits lutins malins, car nous partons de bon cœur, dans une direction qui n’est pas la bonne et nous vaudra un peu plus de quelques centaines de mètres dans les pates et puis voilà . ah la technologie….je dis ça mais je suis bien content d’en avoir un de GPS. Donc en sens inverse pour notre petit groupe qui arrive sur la bonne route.

Un panneau indicateur et hop nous sommes fixés, cette fois nous sommes en Suisse Normande. Mes jambes auraient pu le dire également : ça monde en relief- on redescend avec plus d’entrain, dans ce sens là c’est plus facile n’est ce pas ? La vallée et la fraicheur douce de la nuit ne nous en laisse pas moins une sensation de tiédeur, douceur, bien agréable, il faut dire qu’en escaladant les monts et en alternant avec le froid lorsque l’on redescend vers la vallée ça donne un bon mélange qui ma foi nous fouette le sang. C’est ainsi jusqu’à Argentant.

Il est presque 3 heures du matin lorsque nous quittons l’axe de notre route pour rentrer dans cette ville afin de localiser la fameuse boite postale dans laquelle nous pourrons glisser le précieux sésame qui va nous servir de preuve de notre passage – on ne crie pas son prénom, on se connait, allez on fait tourner (non pas les serviettes) mais le crayon. Contrôle effectué. Pause de 20 mn bien méritée.

Le groupe n’est pas disparate puisque nos collègues du groupe cyclo fécampois arrivent à leur tour pour s’adonner à la même obligation. En y pensant je suis certain que si le temps ne nous était pas compté chacun ferait une petite carte pour les membres de sa famille ou ses amies (is )- c’est plaisant comme pensée.  Nous allons nous diriger vers l’Aigle, et nous discutons un peu de la route à suivre pour ne pas s’égarer (le coup des GPS,  franchement ça ne le fait pas trop )- le dialogue humain c’est quand même mieux : donc il faut prendre la D926  à droite ou à gauche, dis je à Sylvie, mais je demande confirmation du regard aux autres coéquipiers, là franchement il ne s’agit pas non plus de se tromper. Et nous repartons sur la D926, en direction de l’Aigle.

Pour arriver à l’Aigle (oui le nom est joli et laisse rêveur : si on volait on en parcourrait des distances incroyables ) il faut que nous pédalions une bonne 50 aine des kilomètres, sur un terrain bosselé et qui semble me dire «  si un jour tu fais le concours l’ Épine – penses à essayer de breveté – un coussin gonflable qui ne se gonflera qu’en cas de «  tape cul ) –

Voilà l’Aigle, droit devant à 5h50 une boulangerie, il faudra se montrer patient. Elle n’ouvrira ses portes qu’à 6h15. Tient le gout de la pâtisserie partagée avec Charles semble faire en sorte que mon ventre entame la chanson du tonnerre. Le gourmand qui se réveille.

6h15 la boulangère nous accueille enfin. Pour un peu vu son grand sourire, je ferais bien le joli cœur, mais mes compagnons ont aussi faim que moi, et point de badinage quand on a l’envie première de tout dévaliser. C’est que le cyclotouriste de quelque région qu’il vienne fait marcher les petits commerces et c’est toujours avec le sourire qu’il est accueilli surtout quand il est suivi d’une heurte d’affamés comme là c’est le cas.  On en profite quand même pour abuser de sa gentillesse – non on ne lui demande pas son numéro de téléphone, mais l’apposition du tampon qui valide notre passage, et on essai de ne pas mettre de chocolat sur le précieux document.

Requinqué, mais pas complètement, on se dit que «  mince le dimanche » y a pas de café ouvert. Moi qui me suis toujours dit que c’était mal foutu ça – pas de café  le dimanche pour les routiers par exemple. Si j’avais un commerce je pense que j’ouvrirais surtout ces jours là, et que je me prendrais un jour à tour de rôle avec un autre commerce. Et si la boulangère investissait dans de grands thermos, là pour le coup son tiroir caisse n’aurait pas arrêté de sonner……..

Il nous faudra faire nos 25 km suivant tout en ne pensant plus du tout à cette histoire de café, et on n’est pas là pour refaire le monde. Il faut atteindre Breteuil, et le trouver…………….ce café…….le Patrick quand il a une idée en tête me direz vous, il n’en démord pas………

Le soleil fait son apparition sous un ciel bleu. Il nous réchauffe peu à peu. Nos corps sont endoloris par une nuit blanche. Je m’accorde un moment douceur, en dégustant quelques sucreries – le sucre c’est mon calmant, mon dopant, c’est ce que j’aime à n’importe quel moment.

Après la traversée d’Evreux- un peu pénible- du moins c’est un ressenti, parce que la fatigue ne nous épargne pas- nous attaquons l’avant dernière difficulté de ce 400 RAC. La terrible cote rectiligne de Caer, longue d’un kilomètre à 7.5%. Ça va faire mal au mollet : ah bah oui ça fait mal. Mais nous prenons l’option de la petite route de gauche qui nous semble plus douce finalement.

Petit détour, Bruno nous fait passer par une route plus bucolique. On a plus envie qu’il s’arrête ce 400, on voit les lacs de Lery- Pause, ça fait du bien- c’est beau, tout semble paisible, tout autant que nous le sommes. Je m’abandonne dans l’herbe au bord d’un plan d’eau, toute fatigue disparue, les pensées vagabondes, pour un peu je repartirais pour un 400, mais je doute fort que mon corps soit en symbiose avec le reste de ma personne….quand on est un Cyclo rêveur on peut tout penser, tout tenter, mais la réalité n’est pas toujours exactement comme dans un songe….

Nous franchissons La Seine à Pont de l’Arche, puis viens la dernière côte qui sera gravie grace à un vent porteur. Je savoure les derniers kilomètres, tout autour que des visages ravis, heureux, d’avoir vaincu ce 400. Je rêve déjà au 600……

Gérard toujours fidèle au poste nous attend, au 20 Lethillier Pinel, le 400 se termine. Chacun met pied à terre. Heureux. Nous sommes heureux.

A très vite pour le 600. Rouler en toute liberté.

Patrick  le cyclo-rêveur

Commentaires (1)

1. Anthony 20/05/2015

Merci pour ces récits, que j'ai lu avec grand plaisir.
Avec peu de nostalgie même, c'est que je regrette de ne pas avoir réalisé le 300km. Mais le 200 comme le 400, je ne suis pas prêt d'oublier.
Aller, sans doute rdv au 600km

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