Du 200 au 400 : Les Qualifications pour Paris-Brest-Paris au féminin : Le récit de Jean-Jacques

Paris-Brest-Paris au féminin

En 2011, après avoir participé pour la 1iere fois au Paris-Brest-Paris, il m'apparut comme une évidence qu'en 2015 que je me replongerai dans l'atmosphère si particulière qui se dégage de ce grand rassemblement international du vélo. Désirant placer cette nouvelle édition sous le signe du partage, l'idée de constituer un petit groupe de cyclos, que  l'exigence de l'épreuve pouvait freiner, fit son chemin : l'expérience des longues distances que j'avais acquise en d'autres temps grâce à des cyclos comme Daniel Guignant me servirait pour mener à bien ce projet.

200 de ROUEN : Emmanuelle & Sylvaine
0010Contacts pris,  deux féminines, Emmanuelle (Club du Trait) et Sylvaine (Club de Canteleu) sont  au rendez-vous du BRM 200 de Rouen, 1ier  brevet de la série des BRM qualificatifs. Le départ matinal s'effectue sous un ciel chargé et une atmosphère venteuse. Un peloton d'une cinquantaine de cyclos progresse jusqu'à DUCLAIR ou une première côte provoque naturellement un éclatement en  plusieurs petits groupes. Le notre, composé d'une dizaine de vélos, poursuit sa progression  avec un vent le plus souvent favorable jusqu'à FECAMP où la première pause ravitaillement est observée. La pluie persistante  n’incite pas à prolonger notre halte, surtout que les 4Okms qui nous attentent s'effectuent avec un vent de tempête 3/4 face. Le changement de cap à SAINT ROMAIN nous permet de bénéficier d'un vent portant sous une pluie devenue moins dense. Les langues se délient et les conversations vont bon train. Emmanuelle et Sylvaine ne montrent pas de signe particulier de fatigue et les autres membres de notre vaisseau (Gilles, Bruno, Denis, Henri, Pascal, Marc, Jean-Marc,..) respectent parfaitement mes consignes d'allure. L'arrêt du midi s’effectue dans un café à LILLEBONNE afin de se réchauffer. L'après-midi, les conditions météo se durcissent encore et les branches d'arbres qui jonchent les chaussées et les fils télégraphiques qui trainent par terre en sont les témoins. Le dernier pointage à ISNEAUVILLE me permet d'évaluer  l'état des troupes : de la fatigue mais pas d'épuisement. Malgré les mauvaises conditions, l'état de fraicheur reste correct. La Descente sur Rouen marquera le terme de ce premier 

200 du HAVRE : Emmanuelle
0032Une Semaine plus tard, Je retrouve Emmanuelle sur le BRM 200 du Havre organisé par Michel LINDET. Les BRMs de Michel ont toujours eu une saveur particulière car sa présence avec son épouse aux points de contrôle en font une marque de fabrique : Café, gâteaux et débriefing sur le déroulement de la randonnée.  Cette fois, pas de tempête mais un ciel indécis : bruines et éclaircies. Nous retrouvons des cyclos qui ont participé au BRM de Rouen.  Départ groupé : une majorité des participants parait décider à rouler avec nous en se callant sur mon tempo. Un peloton d'une trentaine de vélos longe le RISLE à allure audax sur une route peu accidentée. Petit déjeuner à BRIONNE et petite pause à BEAUMONT LE ROGER ou nous retrouvons MICHEL  pour le premier contrôle. Emmanuelle se sent très bien et c'est groupé que nous arpentons la côte qui nous mène sur le plateau du Neubourg. La température est agréable et tous les participants semblent satisfaits de rouler de concert. A midi, alors que nous approchons de la SEINE, nous devinons le rideau de pluie qui floute les collines du Pays de CAUX  . Je monte le pont de BROTONNE au coté d'Emmanuelle qui  semble très à l’aise, ce qui me rassure sur mon choix de rythme du matin. Pause-déjeuner de 3/4 d'heure à Caudebec et bâchage avant de repartir sous la pluie en direction du Havre avec un léger vent défavorable. Nous arrivons à TANCARVILLE en même temps que le ciel bleu. Le soleil nous accompagnera jusqu'au terme de ce brevet qui fut en tout point très agréable.

300 de ROUEN : Sylvaine
0046Le 17 Avril, Sylvaine est au départ du 300 Kms de Rouen. Les prévisions météos sont bonnes. Nous nous élançons à 2heures de Matin en direction de DIEPPE pour  effectuer une centaine de kms de nuit. La côte de NEUFCHATEL nous plonge dès le départ dans le feu de l'action. Je la gravis en compagnie de Sylvaine à une allure volontairement très modérée : environs 16 heures de vélo nous attentent, la route sera longue. En haut de la bosse, les différents groupes fusionnent pour former une longue procession lumineuse qui atteint DIEPPE vers 5h00 après avoir longé la varenne. En  remontant nord-est vers le TREPORT, nous voyons l'horizon s’éclaircir. Apres le pointage du TREPORT ou le jour a fini de se lever, la topographie de la vallée de la BRESLE nous incite à former un petit groupe  pour gérer au mieux la succession de faux plats à destination d'AUMALE ou le café et les viennoiseries nous aident à mettre un terme à la fraicheur matinale. Le groupe du 200 de Rouen s'est  naturellement reformé pour traverser le pays de BRAY. Nous déjeunons à GISORS à la terrasse d'un café  en compagnie d'un soleil généreux. Les troupes semblent fraiches et c'est avec envie que nous remontons sur nos montures pour rallier la SEINE à VERNON ou nous croiserons d'autres participants devant une boulangerie. La fin du parcours, avec le vent de face et de longues cotes, apparait un peu plus compliquée, mais notre témérité matinale nous permet d'avaler les derniers kilomètres dans de très bonnes conditions. De retour à ROUEN, Sylvaine est satisfaite du déroulement de la randonnée et me donne rendez-vous pour le 400 de ROUEN.

300 de DIEPPE : Emmanuelle
0051 1La semaine suivante, Emmanuelle participe au 300 de DIEPPE. La météo incertaine l'a un peu stressée et les averses de la première partie de la nuit ne l'incitent pas à se rassurer. Les premiers coups de pédales sont donnés dans une atmosphère humide. Les conversations qui s'entremêlent  au sein du peloton en sillonnant les routes de la varenne, conforte mon choix d'allure en tête du peloton. Les quelques passages pluvieux matinaux ne suffisent pas à nous tremper et c'est quasiment au sec que le premier  pointage est observé à pont de l'arche ou nous avons  à déplorer un petit incident qui provoque le chute d'Emmanuelle. Hématome à la paume, bras endolori, dérailleur abimé. Tout rentre, cependant, dans l'ordre et malgré ses meurtrissures, Emmanuelle repart avec notre petit groupe constitué de Gilles, Bruno, Denis et Patrick. Sur la route de Conches, le soleil fait son apparition et nous laisse penser que les prévisions  météo de la veille ne se vérifieront pas. Le petit déjeuner est pris au pointage de Conches et c'est débarrassé de nos vêtements de pluie que nous attaquons à allure plus soutenue la longue ligne droite à destination du NEUBOURG. De retour sur des routes moins fréquentées, notre progression redevient plus cool. Les gouttes de pluie réapparaissent à notre arrivée à ROUTOT, lieu de notre arrêt du midi. Malgré la gêne persistante occasionnée par sa mésaventure matinale, Emmanuelle reprend la route en notre compagnie pour traverser la forêt de BROTONNE ou nous rejoignions un groupe de dieppois. De retour sur la rive droite de la seine, la pluie devenue plus dense fait  place à une grosse averse orageuse à l'entrée de la vallée de la DURDENT. C'est complètement traversé que nous effectuons le dernier pointage à CANY et sous une pluie continue que nous rallions DIEPPE. L’eau froide a un peu durci les muscles sur la fin du parcours, mais aucun membre de groupe ne termine exténuer à l'issue de ce 2ieme volet de la série de BRMs.

400 de ROUEN : Sylvaine
0055Le 9 Mai, Sylvaine est au départ du 400 de ROUEN. Le Menu s'annonce plutôt copieux avec une traversée d'Ouest-en-Est de la Suisse Normande de nuit. Le ciel semble s'être rangé de notre coté : les mauvaises conditions ne s'ajouteront pas à la difficulté du relief. A 14 heures, le train des cyclos démarre en direction des essarts avant de traverser le plateau du NEUBOURG  et de plonger dans la vallée de la RISLE. Tout le monde est sage et c'est un peloton compact  qui se présente, quelques heures plus tard, à SAINT PIERRE sur DIVES, lieu choisi pour le ravitaillement avant d'entamer la nuit. Les spaghettis  carbonara que nous avons commandées  Sylvaine, Pascal, Marc, Jean-Marc, Didier & moi-même se faisant attendre, nous avons du nous résoudre à laisser filer plusieurs petits groupes dont mes copains Pavillais, Bruno, Philippe & Patrick .C’est  avec un peu de retard que nous repartons  en direction de FALAISE accompagnés des cyclos fécampois qui nous ont attendus. En prévision des 150 Kms difficiles qui allaient se présenter, je pris la décision de scinder le peloton en deux afin de mieux gérer la progression de Sylvaine dans les ascensions : nos amis cyclos Fécampois  partiront devant  à l’entame du relief vallonné de la suisse normande. Apres PONT d'OUILLY, nous attaquons le plat de résistance : succession de longues cotes souvent pentues et quasiment plus de plat. J'accompagne Sylvaine dans toutes les cotes pour réguler son allure, tempérer ses ardeurs et prohiber tous les efforts inutiles. La nuit nous incite à nous fier qu’à nos sensations. Première petite pause pointage à CONDE/NOIREAU ou nous avons la chance de trouver un restaurateur qui, faisant sa fermeture, accepte de nous préparer des cafés sous les coups de minuit. Pascal profite de cette halte pour réparer une crevaison lente qui le gênait depuis déjà quelques kilomètres. La température se fait plus fraiche en reprenant la route pour d'argentan. Nous enchainons les ascensions sinueuses en traversant les forets de l'orne. Nos éclairages, certes performants, ne suffisent pas à nous faire apprécier ces paysages que je sais magnifiques. Les descentes vers les fonds de vallées augmentent notre ressenti du froid et c'est un peu transi que nous rallions  Argentan aux alentours de 3Heures 30 pour un nouveau pointage. Jean-Marc a des problèmes de sommeil et Sylvaine des difficultés pour s'alimenter. Nous prolongeons un peu la pause pour faciliter un retour au Calme. Les assauts du sommeil devenant trop pressants, nous repartons vers 4h00 en laissant Jean-Marc se reposer. Il ne nous reste plus que 3 heures de Nuit au moment ou le relief redevient un peu moins exigent. La traversée de GACE coïncide avec le  lever du jour. Pascal et Sylvaine subissent les premiers assauts du sommeil à l'instant ou Charles nous rejoint après une pause dodo à Argentan. L'Aigle, en nous proposant un café ouvert, met un point final à notre parenthèse nocturne. L'arrêt du matin avec ses boissons chaudes et ses pains au chocolat efface, en général, une grande partie  notre lassitude et nous propose souvent un nouveau départ. Ce fut le cas, avec en prime le soleil et une température plus clémente. Les 100 derniers kms n'auraient été  qu'une formalité si la fatalité de s'en était pas mêlée en nous infligeant une série de crevaisons. A proximité de ROUEN, nous retrouvons deux cyclos de Quincampoix, Didier & Serge, qui nous accompagneront jusqu'au terme de ce 400. C'est une Sylvaine, certes un peu fatiguée après ces 23 heures de randonnée, mais encore très lucide qui me donne rendez-vous pour le 600 du Havre.

400 du Havre : Emmanuelle
Le 16 mai, Emmanuelle s'aligne sur le 400 du Havre. Nous nous retrouvons à Rouelles d'où nous partons à 14 heures en compagnie de Gilles, Bruno, Denis, Marcel & James (un cyclo anglais qui sur les conseils de Michel LINDET a décidé de rouler avec nous).Cette fois, je choisis dès le départ de partir derrière le gros du peloton. Cela facilitera la
0060gestion du groupe et permettra à Emmanuelle, que je sens un peu stressée, de  retrouver le calme au fil des kilomètres. La première partie du parcours est cool : pas de difficultés, vent portant, il nous suffit d'accompagner en douceur l'aide d’Éole. Nous retrouvons, après 130 kms, Michel et son épouse à BRETEUIL qui nous propose un café, du gâteau de riz et des madeleines. Michel nous informe qu'il se postera à l'entrée de CARROUGES pour le contrôle de nuit. A la sortie de BRETEUIL, nous prenons la direction de RUGLES  avec un léger vent défavorable qui fléchit en cette fin de journée. Nous décidons de rallier L'Aigle pour diner. Marcel y a ses habitudes et connait un café ou l'on sera bien reçu. Nous nous attardons un peu à la terrasse  et prenons un peu de temps pour nous préparer pour affronter la nuit qui s'annonce déjà : Il est 20H30. La nuit s'est installée quand nous arrivons à GACE. Nous abordons la partie la plus difficile du parcours : la traversée nord-sud du département de l'Orne à l'est d'Argentan. Nous y retrouvons des cotes plus longues que j'escalade au coté d’Emmanuelle. La nuit est claire et le froid s'accentue (5-6 degrés). Nous traversons EXMES, le HARAS du PIN & MORTREE avant de retrouver Michel comme prévu à l'entrée de CARROUGES. Il est 2H00 du Matin et son café nous fait vraiment beaucoup de bien. Cette halte nocturne fut salutaire à Emmanuelle qui retrouva enfin de meilleures sensations et c'est sur un rythme plus soutenu que nous avons remonté sur FALAISE. Le jour pointe son nez peu après CREVECOEUR ou une cote très pentue nous permit de mieux résister à la petite gelée matinale. A 7heures 30, nous trouvons à PONT L’EVEQUE le bar de la délivrance : déjeuner réparateur et c'est une nouvelle journée qui commence. Patrick me téléphone pour prendre des nouvelles : il décide de nous rejoindre à TANCARVILLE pour nous accompagner sur la fin du parcours. Comme prévu, on se retrouve en haut du pont de Tancarville et c'est sous le soleil que ce BRM se termine à ROUELLES.

600 du Havre : Emmanuelle & Sylvaine
Il nous reste maintenant à valider un BRM 600. Pour ne pas manquer ce qui sera sans doute le dernier BRM que Michel organisera, nous participerons le 6 juin au 600 du Havre pour clôturer la série des brevets qualificatifs pour le PBP 2015.

Jean-Jacques 

   

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